Terrorisme,
un essai de définition
17 septembre 2001
Le
terrorisme est une méthode de combat fondée sur
le recours à la violence et destinée à semer
la terreur, elle s'inscrit dans la stratégie dite du "
faible au fort ". Depuis 1945, il a été impossible
de donner une définition cohérente et universelle
du terrorisme, pour les pays anglo-saxons, selon Jacques Baud,
il existe 212 définitions dont 72 sont utilisée
officiellement. De plus, chaque organisme se consacrant à
la lutte contre les mouvements terroristes élabore sa propre
définition qui recouvre, en général, ses
intérêts propres.
La définition du terrorisme, selon les département
d'Etat américain est " l'usage calculé de
la violence ou de la menace de violence pour créer la peur
; destiné à contraindre ou à intimider des
gouvernements ou des sociétés afin d'atteindre des
objectifs généralement politiques, religieux ou
idéologiques. ". Une des erreurs majeures commises
par les gouvernements et les hommes politiques est de considérer
le terrorisme comme un bloc monolithique et rigide alors qu'il
doit avant tout s'apprécier dans le contexte même
qui " justifie " sa naissance. Cette erreur s'explique
par le fait que la lutte contre le terrorisme est avant tout focalisée
sur les effets du terrorisme (antiterrorisme) que sur ses causes
(contre-terrorisme).
Ainsi rien ne saurait distinguer une explosion dans les rues de
Bilbao ou à Nairobi, les ripostes seront similaires pour
ne pas dire identiques. En revanche si on souhaite éviter
l'acte même il faut alors s'intéresser à la
stratégie même et donc aux objectifs poursuivis par
les groupes terroristes.
Terrorisme de droit commun
Il vise à satisfaire des objectifs purement criminels.
Les objectifs poursuivis sont rationnels et visent la poursuite
d'intérêts criminels. On peut citer les actions de
la Mafia en Italie, le narcoterrorisme en Colombie voire la dérive
de l'IRA ou de certains groupes corses. Ce terrorisme n'est pas
idéologique et ne s'inscrit dans aucun mouvement révolutionnaire.
Terrorisme
marginal
Est le fruit de " fous " qui espèrent déclencher
un processus révolutionnaire destiné à renverser
l'ordre existant. Ce fut le cas des Brigades Rouges, d'Action
Directe ou de la Bande à Bader.
Terrorisme
politique
Il se situe dans un processus révolutionnaire, en amont
d'un conflit ouvert. Son principal objectif est de faire connaître
les revendications politiques et les objectifs fixés. Il
est souvent le bras armé de formations politiques dont
il exploite le soutien populaire pour se légitimer. Les
deux exemples les plus connus sont ceux de l'IRA et de l'ETA.
Terrorisme d'extrême-droite
Il ne vise pas la disparition de l'Etat, au contraire il souhaite
créer un climat de chaos tel que l'Etat soit contraint
d'affirmer son rôle allant jusqu'à instaurer un régime
autoritaire. Ce fut le sens des actions menées en Italie
par le terrorisme noir.
Terrorisme
de guérilla
S'inscrit dans un processus révolutionnaire ou dans une
guerre de libération et bénéficie, du moins
en théorie, d'un fort soutien populaire. Le terrorisme
non communiste vise une lutte armée destinée à
tuer l'ennemi. Celui communiste souhaite détruire un objectif
mais en plus il s'accompagne d'un " message " politique.
Terrorisme
religieux
C'est une " croisade " contre les infidèles destinée
à porter un message religieux, il se rapproche du terrorisme
politique mais se caractérise par une plus forte intensité.
Terrorisme
à cause unique
Proche du terrorisme religieux mais différent sur les cibles
qu'il souhaite atteindre. On peut y trouver des mouvements végétaliens,
des mouvements anti-avortement, écologistes et racistes.
L'objectif est ici de promouvoir une idée unique et pas
nécessairement d'enregistrer un succès politique.
La stratégie du terrorisme politique et de celui de guérilla
est bien entendu de pousser l'Etat dans ses derniers retranchements
par la mise en place d'un climat de peur et de chaos qui doit
le conduire à prendre des dispositions visant à
suspendre certaines libertés fondamentales. Ainsi, l'Etat
et la population seraient, à terme, séparés
par le mur de l'autoritarisme.