|
Plus
de dépenses
ne signifie pas nécessairement de meilleures performances
"La
source utilisée ici est l'indicateur de l'OCDE «
dépense de l'éducation en pourcentage du PIB
» extrait de la dernière édition de «
Regards sur l'éducation. Les indicateurs de l'OCDE
», parue en 2001. Il s'agit là des statistiques
les plus récentes actuellement disponibles. Cependant,
elles ne portent que sur l'année 1998. Les dépenses
recensées par l'OCDE sont par ailleurs celles qui sont
consacrées au seul financement des établissements.
En tenant
compte des sources de financement publiques et privées,
les pays de l'OCDE consacraient ainsi en moyenne 5,7 % de
leur PIB aux établissements d'enseignement, tous niveaux
confondus.
Ce pourcentage
variait de 4,6 % (Pays Bas) à 7,2 % (Danemark). La
France (6,2 %) se situait au dessus de la moyenne. Elle
précédait notamment l'Allemagne et l'Espagne
(5,5 % et 5,3 %).
Les dépenses
en faveur des établissements primaires et secondaires
(y compris les dépenses privées et les subventions
publiques en faveur des établissements d'enseignement
du secteur privé) s'élevaient à 3,7 %
du PIB pour l'ensemble des pays de l'OCDE, avec des niveaux
s'étageant entre 3,0 % et 4,5% selon les pays. La
France (4,4%) était l'un des pays qui dépensent
le plus en faveur des établissements d'enseignement
scolaire : elle était seulement précédée
par la Suède (4,5%) mais elle devançait nettement
les Etats-Unis (3,7%), l'Allemagne (3,7%), l'Italie (3,5%)
et le Japon (3,0%), dont les performances sont pourtant souvent
au moins égales aux nôtres.
C'est
surtout dans l'enseignement secondaire que le coût moyen
par élève était élevé
(6.564 dollars par an en parité des pouvoirs d'achat
en France en 1997contre 5.507 dollars pour la moyenne de l'OCDE).
Ce coût
élevé est selon le ministère le résultat
de plusieurs facteurs. En particulier ::
- le
taux d'encadrement dans l'enseignement secondaire se situe
en France à 12,8 élèves par enseignant
alors que la moyenne des pays de l'OCDE est à 14,6
élèves par enseignant ;
- le salaire
des enseignants en fin de carrière serait plus élevé
en France dans le second degré que dans la plupart
des pays de l'OCDE.
On pourra
enfin noter qu'au sein de l'enseignement secondaire, c'était
pour le premier cycle (le collège) que l'écart
était le plus élevé : en 1997, le coût
moyen par élève s'élevait à 6.087
dollars par an en parité des pouvoirs d'achat en France
contre 4.175 dollars pour la moyenne de l'OCDE, soit un «
surcoût » de 46 %, alors que ce surcoût
n'était que de 24 % pour le lycée, et que le
coût d'un élève était à
l'inverse moins élevé de 6 % à l'école
primaire.
Inversement,
avec 1,8 % du PIB, la France consacrait proportionnellement
moins de ressources que la moyenne (2,0 %) aux établissements
d'enseignement supérieur, alors même qu'elle
comportait proportionnellement davantage d'étudiants
: en parité des pouvoirs d'achat, la France dépensait
ainsi en 1997 près de 17 % de moins que la moyenne
des pays de l'OCDE par étudiant de l'enseignement supérieur
tertiaire.
Ces
éléments soulignent s'il en était encore
besoin, l'absence de lien mécanique entre les dépenses
et les performances."
Extrait
du Projet
de loi de finances pour 2002 - rapport général
(2001-2002) - Tome III - Annexe 15 - Commission des Finances
du Sénat
|