Allemagne : comment stimuler les professeurs d'université


"Il est difficle d'appliquer des réformes dans l'université", explique Klaus Manfried, le président de la conférence des Recteurs. Il existe une forte résistance au changement et aux propositions que doit présenter, d'ici au printemps 2000, une commission d'experts représentants 18 universités, dont M. Landfried fait partie. Nous nous heurtons, dit-il, à une puissante volonté de "sauvegarder des acquis".
Dans le secteur de la recherche universitaire, la commission doit mettre au point un projet de rémunération qui soit en rapport avec les prestations fournies : une proportion de 10 à 15% du salaire serait soumise à cette variable. "Jusqu'à présent, il était impossible de récompenser l'effort et l'engagement [des professeurs d'université] de manière appropriée, ajoute-t-il. J'espère qu'à l'avenir non seulement l'assiduité des enseignants, mais aussi la mobilité entre les universités et les entreprises, ainsi qu'entre l'Allemagne et l'étranger, seront mieux prises en compte."
Comme critère de qualité, il propose de retenir le montant des financements du secteur privé alloué aux projets de recherche à l'université. "C'est un bon indicateur des compétences" assure-t-il. En revanche, pour juger des enseignements, il faut tenir compte du nombre d'inscrits et des résultats aux examens. Un autre élément qui aura des incidences sur la salaire individuel -mais mettra du temps selon lui à s'imposer en Allemagne- sera de faire évaluer le professeur par ses collègues ou ses étudiants. "Il faut y parvenir".
Dynamiser les universités implique toutefois davantage d'argent, estime Klaus Landfried, qui s'étonne que les dépenses publiques pour les universités aient baissé de 0,5% en 1997, selon l'Office fédéral des statistiques. Et M. Landfied de déplorer l'inconscience de nombreux responsables politiques. Ils ne se rendent pas compte qu'il s'agit d'investir dans l'avenir.

Extrait de Courrier International
P. Bialek, Handelsblatt, Düsseldorf