La culture de l’évaluation est en marche... à l'étranger

L'évaluation du système éducatif en France
"L'évaluation du système éducatif français se présente sous la forme d'un foisonnement de travaux et de dispositifs variés qui se sont ajoutés les uns aux autres, sans constituer véritablement un ensemble organisé et cohérent qui permette de répondre, à la fois et à tous les niveaux, aux deux objectifs de l'évaluation : rendre compte aux citoyens et aux " usagers " de l'état du système éducatif, et donner aux responsables et aux acteurs les moyens d'une régulation et d'un pilotage.[...]
A part la notation des élèves qui intervient très fortement, en particulier dans la certification et l'orientation et qui mériterait d'être améliorée, les diverses évaluations sont effet très peu utilisées. Deux exemples de dispositifs dont la nature et les promoteurs sont différents l'illustrent. L'évaluation des personnels, qui mobilise une part importante de la force de travail des corps d'inspection et qui n'est ni assez homogène ni fondée sur les résultats, ne sert guère qu'à la notation "statutaire" de ces personnels et débouche rarement sur des infléchissements de leurs pratiques. Les indicateurs de performance des lycées, régulièrement rendus publics depuis huit ans, n'ont pas encore été utilisés comme point d'appui pour développer un processus de régulation du fonctionnement de ces établissements."

(Extrait du Rapport annuel du Haut Conseil de l'évaluation de l'école - oct.2001
Pour en savoir plus

 

En Espagne, l'autoévaluation des écoles est obligatoire. Les écoles sont libres d'adopter leur propre modèle d'évaluation. A cet effet, le Ministère de l'éducation a publié le guide "Modèle européen de gestion de la qualité" qu'il espère imposer comme outil systématique d'auto-évaluation.

En pratique, l'évaluation associe étroitement l’ensemble des acteurs à la réussite et à l’amélioration des infrastructures scolaires et universitaires. A titre d’exemple, les autorités, le conseil d’établissement, les parents et les élèves ont communication des rapports d’évaluation dont les conclusions pourront faire l’objet de mesures concrètes propres à améliorer l’efficacité et la vie des établissements.

En effet, font l’objet d’évaluation : l’environnement de l’école et les caractéristiques des élèves, les ressources, l’organisation et la planification, la gestion, les méthodes pédagogiques et la qualité du corps enseignant, les résultats (c’est-à-dire les résultats d’examen, les attitudes des élèves et le degré de satisfaction générale de la collectivité).

Chaque année, le Ministère organise un concours donnant lieu à un Prix de la qualité.

Pour en savoir plus :
L'Institut national de qualité et d'évaluation (page de présentation en français)

 

La Grande-Bretagne, en opposition quasi-complète avec notre conception égalitariste, a de longue date intégré le concept "des bonnes et des mauvaises écoles".

La loi de 1992 sur l’éducation scolaire, établie après une large consultation et information des parents (Charte des parents en 1990), a fait de l’évaluation un véritable outil d’orientation des réformes.

Un nouveau service gouvernemental, l’Office for Standards in Education (OFSTED) a été crée à cette fin. Sous son contrôle, les procédures d’inspection des établissements ont été privatisées conférant à l’évaluation des établissements la transparence des résultats nécessaire à son crédit.

Un autre organisme sous tutelle a également été crée pour élaborer les programmes nationaux et assurer l'évaluation des acquis élèves à la fois par les résultats aux examens nationaux et par des évaluations de masse (Qualifications and Assessment Authority - QCA).

La fiabilité nouvelle de ces enquêtes d’évaluation a permis une gestion administrative et financière nouvelle au niveau local. Des mesures innovantes sont envisagées comme la fermeture des établissements en situation d’échec ou leurs reprise en main par une association éducative désignée par le secrétaire d’Etat à l’Education. De plus, les informations fournies permettent un meilleur exercice du choix parental.

Le gouvernement actuel va plus loin en évoquant une " tolérance zéro " pour les écoles non performantes.

A l’image de ce qui se fait déjà en Nouvelle Zélande et aux Etats-Unis, les autorités locales éducations britanniques (LEA) sont autorisées à fermer un établissement en situation d’échec ce qui renforce le processus de décentralisation. Deux solutions s’offrent alors : soit l’établissement en question sera réouvert avec une nouvelle direction sur le même site (système du fresh start), soit si cela est possible, il sera pris en main par une école voisine de meilleur qualité même s’il s’avère qu’elle est privée.

Pour en savoir plus :
Département de l'Education
2001 School and College Performance Tables
Office for Standards in Education - OFSTED
The Qualifications and Curriculum Authority - QCA

 

En Ecosse, la publication des résultats des examens et des inspections individuelles et indépendantes des établissements permet aux écoles de s'auto-évaluer.
En 1996, a été publié un guide intitulé Notre école est-elle bonne ? (How good is our school) regroupant 33 indicateurs de performance que les écoles peuvent utilise rpour s'autoévaluer. De nombreux établissements commencent à publier leurs propres rapports d'autoévaluation dans lesquels elles résument l'évaluation de leur propre rendement dans les divers domaines clés.
L'initiative nationale " Qualiy initiative innscottish Schools" coordonne ces auto-évaluation.

 

Aux Etats-Unis
Conformément à la loi sur la responsabilisation des écoles publiques, adoptée en 1999, la Californie a utilisé un indicateur de performance scolaire pour évaluer ses écoles.
En Orégon, le Ministère de l'éducation évalue chacune de ses écoles publiques sur une échelle allant de l'exceptionnel à l'inacceptable. Il utilise ensuite ces mêmes indicateurs pour juger de la performance de chaque établissement.

Bush propose trois innovations majeures :

- Les écoles évalueront rigoureusement les élèves chaque année avec des tests fédéraux
- Les bons établissements bénéficieront de plus de liberté et de crédits
- Dans les établissements en échec pendant trois années, les parents d'élèves auront la possibilité d'inscrire leurs enfants dans d'autres écoles, publiques ou privées, ou de faire appel à un tuteur grâce à l'aide financière du gouvernement.

En savoir plus :
Edweek : journal américain qui recense et évalue les évaluations produites par chacun des états américains

 

Au Canada, le Ministre de l'éducation insiste désormais sur la nécessité pour l'école de rendre des comptes aux parents, d'évaluer davantage et mieux, et d'élaborer des plans visant à la réussite à 100%.
En savoir plus :
Le plan de réussite canadien.

En parallèle, l’Institut Fraser et l’Institut économique de Montréal ont publié en novembre 2001 le premier Bulletin des écoles secondaires du Québec, seule "mesure indépendante des 476 plus grands établissements d’enseignement secondaires publics et privés de la province du Québec".
" Quatre indicateurs de performance, et ce à chacune des années scolaires de 1993 à 1999 ont été établis : 1) résultats moyens aux épreuves de fin d’année du ministère de l’Éducation; 2) pourcentage d’échec des élèves; 3) surestimation des résultats par l’école (c.-à-d. la différence entre les notes brutes accordées dans le courant de l’année et les résultats aux épreuves de fin d’année) et 4) disparité entre garçons et filles à l’égard de cette même surestimation.
Les quatre indicateurs de performance ont ensuite servi de base à l’établissement d’une cote globale pour chacune des six années scolaires visées par l’étude. Le Bulletin tient compte également de la diplomation et des tendances observées au fil des ans. On y trouve par ailleurs une mesure du profil socio-économique de la population étudiante, ce qui permet aux parents et administrateurs scolaires de se comparer à des écoles oeuvrant dans des milieux similaires à cet égard. "
En savoir plus

A lire :
L'amélioration des écoles au Canada

En Suisse :
"Evaluer les enseignants, C'est possible !
Dans le canton de Berne, évaluer la qualité d'un enseignant n'est plus un tabou. Des établissements viennent de rendre publics les résultats de projets d'évaluation mis sur pied il y a quelques années. La Direction de l'instruction publique et la Société des enseignants et enseignantes bernois y sont partenaires. Principe adopté: le corps professoral définit un certain nombre de critères et standards de qualité qu'il se charge de respecter. Les principaux intéressés sont enthousiastes quant à l'efficacité de l'expérience. Selon eux, les rapports avec la direction et les relations entre enseignants se sont grandement améliorés. Il faut tout de même noter que les professeurs sont opposés au salaire au mérite qui, selon eux, nuirait à la paix scolaire." (NQ 9.12
)

 

En savoir plus :
L'évaluation en France

Evaluation of European Higher Education, rapport de Christian Thune pour la Commission européenne (juin 1998)