Grande-Bretagne : contre l'échec scolaire,
le gouvernement ouvre la porte aux entreprises privées

 

En annonçant, fin juin 1998, sa décision d’associer les entreprises et les associations de parents d’élèves à la gestion des écoles, le gouvernement travailliste a ouvert un immense chantier.

C’est " la troisième voie " chère à Tony Blair : " ni dirigisme, ni laisser-faire ". La méthode : tester une idée dans des zones pilotes avant de décider de l’étendre ou non.

En l’occurrence, 25 régions ont été sélectionnées pour démarrer ce programme. L’idée de base est simple : relever le niveau des établissements en difficulté et renflouer les caisses.

En échange d’un droit de regard sur le fonctionnement de ces écoles, y compris sur le programme scolaire et le recrutement des enseignants, des entreprises, dont Rolls Royce, Kelloggs, American Express, Shell International, se sont engagées à verser 190 millions de francs pendant trois ans en complément des 560 millions de francs alloués par l’Etat.

Chaque région est dirigée par un forum comprenant des représentants de l’académie, des parents d’élèves et des entreprises sponsors.

Exemple : Collège Stockwell Park de Lambeth, au sud de Londres.

Stockwell Park fait partie, avec 30 autres établissements, de la "zone d’action pour l’éducation" de Lambeth (quartier de 245.000 habitants, pour la plupart issus de l’immigration).

Nombre d’élèves  sur la zone de Lambeth : environ 10.000 .

Budget annuel : 10 millions de francs, soit 5,4 % total des écoles.

Entreprises participant au programme : Shell International, IBM, ICL, National Theatre.

Intervenant extérieur : Le Centre for British Teachers (CfBT), une compagnie privée (à but non lucratif) qui réalise plus de 400 millions de francs de chiffre d’affaires en tant que consultant éducatif : elle crée et inspecte des écoles dans les anciennes colonnies britanniques ou au Brunei. Elle vient de décrocher un contrat de 650.000 francs pour remettre à niveau une école primaire publique.

Durée de l’expérience : 3 ans.

Objectifs : mettre à niveau 80 % des élèves en anglais d’ici à 2001, obtenir tous les ans des prix de citoyenneté et d’employabilité pour 100 élèves.

Motivation des enseignants : avantages en matière de logements, de sport, de culture ( ex. réductions pour les concerts du Royal Festival Hall…)