Les réformes de Tony Blair

 

Les quatre objectifs principaux de la politique gouvernementale en matière d'enseignement s'ordonnent autour de quatre mots clés : autonomie, excellence, innovation et diversité :

  • donner aux écoles qui réussissent et qui sont bien dirigées l'autonomie et la liberté dont elles ont besoin pour innover et être encore meilleures.
  • encourager toutes les écoles à devenir un centre d'excellence ou à se choisir une spécialité
  • inciter l'enseignement secondaire à s'engager plus avant avec le monde de l'entreprise, de l'enseignement supérieur
  • intervenir quand nécessaire pour combattre les mauvais résultats

Le ministre de l'Education entend poursuivre sa politique d'amélioration des écoles et de développement du curriculum en s'appuyant sur ce que les écoles qui réussissent font : il s'agit de travailler avec les meilleures écoles pour développer des écoles Beacon, des écoles spécialisées, autant d'écoles qui seront des locomotives dans la deuxième vague de réformes. En parallèle, le gouvernement s'engage à donner plus de chances aux bonnes écoles de se développer.

Le gouvernement encourage également les approches innovatives d'enseignement et d'apprentissage. Il a l'intention de créer des unités d'innovation scolaire, sorte d'incubateurs, ayant le pouvoir de lancer et d'encourager les nouvelles approches et de tester leur efficacité.

 

Vers un système éducatif diversifié


Au coeur de la vision de la réforme scolaire, il y a l'ambition que chaque école crée ou développe son propre code de conduite et sa propre mission. Les écoles se différencient par les options qu'elles choissient ; un service spécial est à leur disposition pour travailler avec elles et les aider à accomplir leurs objectifs. Lorsqu'une école ne remplit pas encore tous les critères mais a fait preuve de son engagement et de ses progrès, on lui reconnaît le statut "d'école en progrès". Ces spécialisations ne doivent pas faire pour autant oublier que t
outes les écoles doivent avoir pour but de donner le meilleur niveau à leurs élèves.

Les écoles les plus performantes et les enseignants les meilleurs sont les mieux placés pour diffuser à toutes les écoles les méthodes à suivre.

A mesure que le système se diversifie, il doit aussi mieux répondre aux attentes individuelles.

Les bénéfices tirés des diverses expériences menées doivent se diffuser le plus largement possible : partager les meilleures pratiques, les exemples de souplesse introduite ; des rencontres doivent être organisées entre professeurs.

 

La réforme en mouvement


Sur les quatre dernières années, 778 écoles ont été redressées et 138 fermées lorsqu'il existait une meilleure alternative pour les élèves. Depuis mai 1997, le temps moyen nécessaire pour qu'une école s'améliore a été réduit de 25 à 18 mois. L'amélioration du système permet aujourd'hui d'éviter que des écoles ne se trouvent en situation d'échec : leur nombre déclaré a ainsi chuté de 234 en 1999-200 à 138 en 2000-2001.

Le nombre des équipe d'aide pédagogique est passé de 44 000 à 127 000.

Le nombre des écoles secondaires faisant l'objet de mesures spéciales a chuté de 90 à la fin de 1997/1998 à 65 fin 2000/2001.

 

Rechercher de nouveaux partenaires

Pour le gouvernement Blair, l'association avec de nouveaux partenaraires et de nouveaux fournisseurs doit permettre d'aller plus loin dans l'amélioration du niveau des écoles et des élèves. Les idées et perspectives nouvelles, les objectifs et les expertises qu'ils proposent ne peuvent qu'être positifs.
L'émulation et la compétition que suscitent les nouveaux entrants doivent permettre d'améliorer plus largement la performance.

Le City Academy programme donne la possibilité aux sponsors privés, aux organisations bénévoles ainsi qu'aux communautés religieuses de créer de nouvelles écoles dont les coûts de fonctionnement sont intégralement pris en charge par l'Etat.

Treize partenaires collaborent aujourd'hui à ce programme -au moins vingt sont attendus d'ici 2005.

 

Tisser des réseaux

Le gouvernement encourage les écoles à établir des partenariats avec les écoles qui réussissent mieux qu'elles, avec le secteur bénévole ou le secteur privé dans le but d'augmenter le niveau scolaire. Lorsqu'une école fait ce choix, son personnel reste employé par l'Etat. Cependant, le gouvernement entend modifier la loi pour rendre possible le recrutement d'enseignants supplémentaires employés par d'autres écoles.

 

"Excellence in the cities (EIC)"


Ce programme vise à augmenter les chances de réussite dans les écoles de banlieue en augmentant les ressources dans les zones défavorisées et en imaginant de nouvelles façons de résoudre des problèmes historiques.
Un facteur clé est d'augmenter la diversité à l'intérieur des écoles et entre elles afin qu'elles soient mieux à même de réfléter les préférences des parents et de développer complètement les talents de chaque élève.

 

Les écoles spécialisées


Toute école a la possibilité de se spécialiser sur un des huit sujets suivants : technologies - sport - arts - langues - business et entreprise - science - mathématique et informatique - études techniques. Elles doivent satisfaire aux exigences du curriculum mais peuvent en plus choisir de mettre l'accent sur une spécialité. Elles reçoivent pour cela l'aide d'un programme spécifique ainsi que l'aide de sponsor privés.
Les écoles peuvent choisir plusieurs spécialités, travailler ensemble pour combiner des spécialités complémentaires, ou encore développer conjointement un centre d'excellence.
Ce statut est valable pour une durée de quatre ans et reconductible suivant les performances atteintes.
Leur nombre doit atteindre 1 000 en 2003 et 1 500 en 2005.
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Beacon school

Les écoles Beacon ont été identifiées parmi les plus performantes du pays et elles doivent constituer des exemples de bonnes pratiques que l'on doit prendre en modèle.
Leur excellence leur vaut de recevoir des moyens supplémentaires pour travailler plus étroitement avec les autres écoles et partager leurs expériences. Pour y réussir, le processus pour devenir une école Beacon a été allégé.
En septembre 2001, on comptait 1 000 Beacon, parmi lesquelles 200 écoles secondaires. Le nombre de ces dernières doit passer à 4000 d'ici 2005.

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Le programme pour élèves doués et talentueux

Le programme "Gifted and talented Programme", mis en oeuvre en septembre 2001, entraîne et aide les élèves les plus doués à poursuivre leur apprentissage en dehors de l'école. Il est prévu en outre de créer dans les universités une Académie pour les jeunes particulièrement doués et talentueux.

Les élèves doivent pouvoir bénéficier d'expérience de travail. Le gouvernement entend développer plus largement ces stages en renforcant les liens avec le monde dee l'entreprise.

La première tache de cette Académie, dès septembre 2002, sera de piloter un programme national intensif pour les élèves les plus doués, en se concentrant d'abord sur ceux âgés entre 11 à 16 ans. Au menu : programme d'enseignement en ligne ; tutorat ; évaluation des élèves ; conseil, orientation...

Il s'agit de développer de nouvelles possibilités et de nouvelles façons d'apprendre ; elles seront offertes dans un premier temps à l'occasion des cours d'été, à partir de printemps 2003 :
- cours d'apprentissage accéléré, cours avancés, cours à la carte, incluant des cours qui, normalement, ne sont pas dispensés dans les écoles et qui répondent aux attentes des élèves ;
- prendre tout le temps nécessaire pour faire les cours et pour étudier ; ce programme de trois semaines peut commencer dès la fin des partiels ; possibilité d'hébergement sur un campus.
- cours dirigés par professeurs spécialistes, issus de l'enseignement secondaire et des universités

 

Rompre avec la « culture de l'échec »
en relevant les niveaux scolaires, les exigences et les résultats

Il existe désormais des niveaux d'instruction planchers - des minima sous lesquels il n'est pas question de descendre - auxquels chaque enfant doit pouvoir avoir accès et ce, afin de réduire l'écart qui existe entre le niveau scolaire moyen et celui des enfants au bas de l'échelle scolaire.
Lorsqu'une école ne satisfait pas les critères de réussite requis, l'Etat intervient pour s'assurer qu'elles s'amélioreront. Ces écoles continuent de recevoir le même budget et bénéficient d'une meilleure information et de plus de conseil.
- mettre en place un programme qui permette aux écoles en difficulté de s'améliorer
- faciliter l'aide qu'une bonne école pourrait apporter à une école en échec
- permettre à des partenaires extérieurs d'intervenir pour redresser une école

- adjoindre des consultants : des programmes pilotes ont montré que lorsque des consultants senior travaillent avec des directeurs d'écoles, ces écoles s'améliorent rapidement grâce à l'échange d'information qui a lieu.
- remplacer l'équipe de direction d'une école de faible niveau ou d'une mauvaise école par une équipe interimaire le temps que l'école s'améliore
- Depuis septembre 2001, des directeurs d'école en formation travaillent avec les équipes de direction en place dans les bonnes écoles situées dans les quartiers difficiles. L'objectif est que ces futurs directeurs d'école puissent par la suite mettre à profit ce qu'ils auront appris et restructurer les écoles en échec.
- Le centre de formation des enseignants (Teacher Trainig Agency) aura trois spécialistes en recrutement pour aider les professeurs prinicpaux des quartiers défavorisés à recruter le personnel dont ils ont besoin et à le conserver.

 

Plus d'autonomie et de flexibilité


Il est possible d'introduire davantage de flexibilité et d'autonomie pour les écoles qui réussissent en matière de salaires, de recrutement, d'incitations à rester, d'organisation des rythmes scolaires...

 

Des enseignants motivés


Subventions au recrutement

Depuis 1997, non seulement les salaires de base ont été relevés mais ceux des meilleurs professeurs ont augmenté de 25%.
Des primes d'embauche de 4 000£ sont octroyées aux enseignants de matières délaissées.
Une série de subventions au recrutement a été mise en place : une bourse de 6 000£ est ainsi offerte aux candidats à la formation d'enseignants. De plus, les futurs enseignants recoivent un salaire de formation de 13 000£ pour apprendre leur métier.
A lire :
WELCOME BACK” Bonuses for Returners to Teaching
Récompenses pour les meilleurs professeurs


Améliorer la promotion interne


Le programme accéléré Fast Track mis en place à l'automne 2001, repère les enseignants ayant des capacités et motivés et d'
attirer vers la profession d'enseignant les jeunes diplômés les meilleurs ainsi que les personnes qui désirent changer de profession. Il s'agit de développer rapidement un savoir-faire professionnel tant au niveau des enseignants qu'au niveau de l'administration scolaire. Les enseignants reçoivent des primes intéressantes en récompense de leurs grandes qualités et de leur engagement profond.

 

Renforcer la formation professionnelle continue


- Développer des programmes de formation professionnelle dès la deuxième et la troisième année d'enseignement
- Poursuivre l'attribution de bourses professionnelles (500£ ou 700£)
dont ont déjà bénéficié plus de 5 000 enseignants
- Donner la possibilité aux professeurs à certaines périodes de changer d'établissement, de faire un stage dans une entreprise du secteur éducatif, ou
de se former sur un sujet spécifique.


Des exclusions intelligentes


Si des élèves perturbent les cours, les professeurs peuvent les renvoyer. Ils suivent alors l'un des 1 000 programmes de réintégration qui existent déjà dans les écoles.

S'agissant d'élèves violents ou qui perturbent trop régulièrement les cours, les directeurs d'école peuvent décider de les exclure.

Pour éviter que cela ne crée un risque de tomber dans la délinquance, on devra s'assurer, à partir de septembre 2002, que chaque élève exclu recoit un enseignement à plein temps dans un établissement spécial (Pupil Referal Unit - PRU) -qui n'est pas un établissement scolaire traditionnel- qui doit permettre sa réintégration la plus rapide possible.

En 1996/1997, on a compté 12 500 exclusion permanente et les élèves exclus ont en moyenne reçu 2 ou 3 heures d'enseignement par semaine. Ce nombre a été aujourd'hui réduit d'un tiers (8 300 exclusions).

 

Pour en savoir plus :
Time To Teach : a campaign to raise standards and improve the quality of primary education by reducing government intervention.