De la formation initiale à la vie active :
comment font les autres ?

Les principaux modèles
Zoom sur l'Allemagne
Les chiffres clés


On distingue quatre principaux modèles : le «japonais», l'«allemand», le «français» et l'«américain».
Le Japon met l'accent sur la formation en entreprise, la France ou l'Italie sur la formation en milieu scolaire, l'Allemagne ou le Danemark sur la formation alternée combinant formation théorique en centre de formation professionnelle et formation pratique en entreprise, les Etats-Unis sur une formation commune à tous les élèves jusqu'à la fin du secondaire, mêlant des thèmes professionnels au cursus classique des études

La plupart des pays étrangers ont tenté d'ouvrir davantage leur marché du travail aux jeunes pour faciliter leur transition vers la vie active. Certains, comme le Danemark, la Norvège et la Suède, ont mis en place au cours des années 90 des filets de sécurité à l’intention des jeunes à risque. Ces dispositifs ont contribué à maintenir le chômage des jeunes à un niveau faible, ont réduit le chômage de longue durée des jeunes, et ont limité le plus possible le nombre de jeunes qui se retrouvent au chômage dès leur sortie du système scolaire.

Ces filets de sécurité associent des mesures actives
pour réduire les sorties prématurées de l’école -- consistant à différencier les programmes d’enseignement, à proposer des services renforcés de conseils et d’orientation et à accorder une attention particulière aux élèves les plus faibles -- et une intervention précoce à l’échelon local pour repérer les jeunes sortis prématurément du système éducatif, définir des plans d’action personnalisés à leur intention et leur faire reprendre leurs études le plus rapidement possible.

Certains, la Suisse et l’Allemagne par exemple, multiplient ainsi les possibilités de formation en entreprise, d’autres, les Etats-Unis, le Danemark et l’Australie notamment, offrent aux étudiants de nombreuses possibilités d’emploi à temps partiel et d’autres encore, le Danemark, la Suisse et les Etats-Unis en particulier, assurent un faible niveau de protection de l’emploi afin d’atténuer les obstacles empêchant l’accès de nouveaux entrants au marché du travail.

Au Danemark et aux Pays-Bas, la proportion des jeunes en éducation ou en formation est parmi les plus fortes au sein de l’Union européenne. Ainsi, la possibilité de combiner enseignement et formation avec des emplois à mi-temps permet à un nombre relativement élevé de jeunes de plus de 18 ans de rester dans des cycles d’enseignement et de formation au-delà de la scolarité de base tout en commençant à travailler. L’expérience de l’Allemagne ou l’Autriche prouve que les systèmes combinés d’éducation, formation et travail facilitent et encouragent l’intégration des jeunes sur le marché du travail.

Zoom

Au Danemark, le gouvernement social-démocrate partant du fait que nombre de 18-25 ans s’accommodaient des allocations de chômage et fuyaient les emplois véritables, a mis en place un dispositif assez incitatif : tout jeune dénué de qualification et sans travail depuis six mois devra suivre une formation de 18 mois rémunérée 50% de l'allocation minimale de chômage. Résultat : les deux tiers de ces jeunes retrouvent maintenant un emploi avant d’attendre les six mois d’inactivité, et 13% de cette tranche d’âge est actuellement au chômage contre 30% auparavant.

En Grande-Bretagne, Tony Blair a agi de la même façon : les chômeurs de 18-24 ans doivent désormais accepter un emploi proposé ou suivre l’une des formations offertes, sous peine de sanction financière. Par aillleurs, les employeurs qui recrutent des jeunes de moins de 25 ans auxquels certaines qualifications manquent bénéficient d'une prime mensuelle de 2 400 francs. Les conditions requises sont la durée de l'emploi : un an minimum ; la dispense d'une formation d'une durée de 15 jours au moins pendant les huits premières semaines suivi d'une autre de 26 jours au cours du premier semestre.

En Suède, toutes les filières professionnels, secondaires et su^érieures, intègrent des stages de formation sur les lieux de travail.


A lire :

De la formation initiale à la vie active. Faciliter les transitions, OCDE, Paris 2000

Les Systèmes de formation professionnelle en Europe, études de Centre INFFO

La place des débutants sur les marchés du travail européens.
Etude du Cereq n° 164, mai 2000 (PDF)
Les modes d'insertion professionelle des jeunes varient selon les pays. Selon l'organisation des relations professionnelles et du système éducatif, le passage de la formation professionnelle à la vie active recouvre des réalités très diverses qui contribuent dans certains cas à faire des jeunes débutants des travailleurs comme les autres, dans d'autres à les singulariser du reste de la main d'oeuvre.


Les chiffres clés :

Inférieur au 2ème cycle du secondaire

2ème cycle du secondaire

Enseignement supérieur

Total

Allemagne

13,9

8,8

5,4

8,4

Belgique

12,5

7,1

3,7

9,6

Danemark

17,3

10

5,3

8

Etats-Unis

12,6

6,2

3,2

6,1

France

14,7

10,5

6,8

12

Pays-Bas

8,2

4,8

4,3

7,2

Royaume-Uni

13

8,3

3,9

9,6

Suède

8,8

7,6

3,6

7,8