Sources
: DGUHC ; european housing statistics
"La
montée de la propriété oppose deux
groupes de pays selon sa rapidité. Le cas très
particulier de la Grèce mis à part, on trouve
d'un côté l'Espagne, l'Italie, l'Irlande, le
Royaume-Uni et la Belgique où le phénomène
a été spectaculaire, de l'autre, l'Allemagne,
les Pays-Bas et le Danemark où il a été
plus lent.La France où la propriété
a progressé à moyenne vitesse, a conservé
sa place dans la hiérarchie des taux de propriétaires,
alors que le Royaume-Uni qui venait derrière, la
devance aujourd'hui.
A
raison d'un point par an, en moyenne, pendant 40 ans, la
progression du taux de propriétaires au Royaume-Uni
a été presque deux fois plus rapide qu'en
France. L'Allemagne, et plus particulièrement, l'ex-Allemagne
de l'Est, est aujourd'hui le pays d'Europe dont le taux
de propriétaire est le plus faible, et l'un des rares
avec la Suède où les propriétaires
soient encore minoritaires."
"En
Europe du sud, la hiérarchie des taux de propriétaires
n'a pas été bousculée, mais a subi
une forte homothétie. Ils étaient de l'ordre
de 40 à 50% après la guerre ; de nos jours,
ils approchent voie dépassent les 70%."
Les
pouvoirs publics ont parfois incité les locataires
à acheter leur logement
"C'est
sans doute le Royaume-Uni qui est allé le
plus loin dans cette voie. La montée extrêmement
rapide du taux de propriétaires depuis le début
des années 80 dans ce pays est principalement liée
à la mise en place d'une politique de vente à
leurs occupants des logements locatif du parc public, le
"right to buy". Cette politique est aussi
très pratiquée en Irlande où elle présente
une part importante du flux de nouveaux propriétaires,
et dans une moindre mesure en Belgique. Par ailleurs, au
Royaume-Uni, la construction de logements sociaux par les
collectivités locales s'est quasiment tarie au bénéfice
des "housing associations". Dans
ce pays, le développement de l'accession à
la propriété s'appuie aussi sur des mesures
d'incitations fiscales.
En
Irlande, les accédants bénéficient
de bonifications de taux d'intérêt, d'allocations
pour ceux qui achètent un logement neuf, de diverses
déductions fiscales. Il existe également dans
ce pays un système original de propriété
partagée, le "shared ownership",
proposé par les collectivités locales : l'acquéreur
a la possibilité de leur acheter 40% au moins de
la valeur d'un logement à l'aide d'un prêt
à taux bonifié tout en leur versant par ailleurs
un loyer correspondant à l'usage de la partie non
acquise de ce logement.
Aux
Pays-Bas, l'accession est essentiellement privée,
et la promotion immobilière inexistante. Les "corporaties"
qui gèrent la parc social sont autorisées
à le vendre, ce qui contribue au développement
de la propriété par le mécanisme de
réaffectation."
Extrait de "Le logement dans l'Union
européenne : la propriété prend le
pas sur la location", Claudie Louvot-Runavot, Etude
Insee n°343, sept. 2001.