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Des
agences autonomes au service de l'Etat De nombreux pays soucieux de moderniser leur appareil administratif ont choisi de distinguer ce qui relevait de la responsabilité de la sphère politique et ce qui relevait de la mise en oeuvre administrative de choix politiques. Cette séparation a abouti à la création d'agences qui ont ainsi mis en concurrence secteur public et secteur privé, tant pour les services fournis que pour la gestion des personnels. Les agences bénéficient d'une grande flexibilité dans la gestion des moyens et dans la rémunération du personnel. Elles suivent des méthodes de management modernes qui permettent une meilleure compétitivité. De
nombreux pays ont suivi la voie que l'Angleterre a été
la première à ouvrir avec les Executive
agencies,
suivie à partir de 1995 par le Canada.
Dès
1987, le rapport Ibbs (Improving Management in Governement) suggérait
l'instauration d'un système de gestion de la performance. Dès
l'année suivante, Margaret Thatcher décide de soumettre
à consultation un certain nombre de services publics. Pour
chacun, la question est la suivante : le service doit-il demeurer
public, être privatisé ou sous-traité. Dans ce
dernier cas, il est confié à une agence autonome
dans le cadre d'une entente fixant la mission, les objectifs, les
rôles et pouvoirs de son directeur. Une fois le cadre négocié,
le directeur dispose d'une importante marge de manoeuvre pour agir.
Il élabore un véritable plan d'entreprise (stratégie,
objectif opérationnel, indicateur de performance...). Chaque
année les objectifs à atteindre ainsi que les résultats
sont rendus publics. En
1998, plus de 75% des fonctionnaires travaillaient dans 110 Executive
agencies. En
1998, le gouvernement britannique a crée le Public Services
Productivity Panel, groupe chargé de faire des recommandations
au gouvernement afin d'augmenter la productivité et l'efficience
des activités du secteur public. Pour
en savoir plus :
Dans le cadre de la gestion par résultats adoptée par l'administration canadienne, le gouvernement du Québec a décidé d'implanter des unités autonomes de service (UAS). Leur mise en place est simple puisqu'elle relève seulement de la décision d'un Ministre ou d'un sous-ministre et n'implique aucun changement de nature législative ou réglementaire.. Elle se concrétise en trois étapes. Tout d'abord, l'élaboration d'une "entente de gestion" présentant le mandat de l'UAS, ses produits et services, les responsabilités de son gestionnaire, les indicateurs qui permettront d'établir des cibles de résultat et de rendre compte de la performance... Ensuite la présentation d'un "plan d'action annuel" présentant les enjeux, le niveau de personnel et de ressources dont dispose l'UAS ainsi que les cibles de résultats à atteindre. Enfin, le "rapport de gestion annuel" permettant à l'unité de rendre compte de l'atteinte des résultats et de comparer sa performance avec des organisations privées ou publiques offrant les mêmes services. "La mise en place d'une unité autonome de service permet la mobilisation autour d'objectifs d'amélioration de la qualité des services et de productivité tout en conservant les valeurs et les bénéfices de la fonction publique et en maintenant le cadre public. La complète transparence de l’information assure la crédibilité du processus et favorise une reddition de comptes complète devant l'Assemblée nationale et la population, qui peuvent ainsi juger de l'évolution de la performance de l'administration publique. " Au 1er mai 1999, on comptait 15 UAS . 23 nouvelles UAS devraient être créées au cours des trois prochaines années.
Exemples d'UAS : Emploi Québec (créée en 1998) - Aide financière aux études (créée en 1997) |