Le programme belge Copernic

On distinguera deux phases dans le processus de réformes touchant à l'organisation de l'administration belge.

"La première débute en 1991, lorsque le gouvernement de M. Jean-Luc Dehaene inscrit parmi ses priorités la réforme de l'administration : elle vise essentiellement la recherche de l'efficacité. L'objectif est en effet d'instaurer des droits pour les citoyens à un service public de qualité, une charte de l'utilisateur des services publics étant élaborée en 1993. C'est également à cette période que chaque ministère met en place un baromètre d'évaluation de la qualité du service, qui permet d'interroger les usagers sur leur satisfaction par rapport aux principes édictés dans la charte. Un audit concernant 850.000 fonctionnaires est également effectué.
La seconde phase, la plus importante aussi, commence au lendemain des élections de juin 1999. Le nouveau gouvernement, dirigé par M. Guy Verhofstadt, souhaitait moderniser l'appareil public et restaurer la confiance des citoyens dans les pouvoirs publics en général. Il convient en effet de rappeler que, suite à « l'affaire Dutroux », la Belgique avait alors perdu toute confiance envers son administration, jugée à la fois excessivement politisée, incompétente et indifférente. Le 28 avril 2000, après un long travail de concertation, le conseil des ministres a adopté un document élaboré par le ministère de la fonction publique et de la modernisation de l'administration, intitulé Fondements de la modernisation de l'administration fédérale, plus connu sous le nom de plan Copernic."
(Extrait du rapport d'information sénatorial "La réforme de l'état à l'étranger" de Gérard BRAUN)

Le plan belge Copernic est basé sur trois piliers majeurs : l'amélioration de la structure de l'administration fédérale, l'introduction d'un système de mandats pour les fonctionnaires de haut rang et une nouvelle politique du personnel.

Le projet de modernisation de la Fonction publique et des services au citoyen a été formulé pour la première fois en octobre 1999. Les actes ont rapidement suivi : la note Copernic a été proposée le 16 février, le scénario avec les plans de modernisation le 28 avril, l'approbation de la création de cellules Ressources humaines dans tous les services publics fédéraux le 19 mai, la suppression des cabinets ministériels le 6 octobre et enfin, le 1er décembre, l'approbation des nouveaux organigrammes.

Les trois principaux axes de COPERNIC

Nouvelle politique du personnel
Evaluation : Tant les contractuels que les statutaires seront concernés, y compris les fonctionnaires dirigeants. Cette évaluation, qualitative, consiste à analyser la méthode de travail des fonctionnaires, en mettant en avant les points forts et les points faibles. Elle doit permettre à chacun d’eux d’élaborer un plan individuel qui les amene, à l’avenir, à améliorer leur travail.
une formation accrue des fonctionnaires
des plans de carrière plus souples

Nouvelle structure de l'administration
"Tous les ministères ont fait l’objet d’un audit réalisé par des consultants externes, dans le but de vérifier s’il ne serait pas opportun de fusionner certains services, d’en supprimer d’autres ou d’en créer de nouveaux, d’analyser les liens de coopération entre ces services et d’évaluer leurs compétences, etc. Sur la base d’entretiens avec les fonctionnaires au sujet de leur travail, ces consultants ont élaboré de nouvelles descriptions de fonctions et ont déterminé quelles étaient les fonctions dirigeantes qui devraient être confiées à des top managers "

Suppression des cabinets ministériels qui étaient chargés d'assister les ministres dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de leur politique. Les collaborateurs choisis par le Minsitre n'avaient pas le statut de fonctionnaire. Désormais, ils sont remplacés par des structures plus appropriées.
Création de "top manager" :
Les postes de direction seront occupés par des top managers qui disposeront d’un mandat pour une durée déterminée. Les titulaires de ces “ fonctions mandatées ” devront, sur ce laps de temps, concrétiser les objectifs qui leur auront été impartis (et sur la base desquels ils seront évalués) et ainsi prouver leurs qualités de gestionnaires. Ils jouiront d’une grande autonomie, notamment dans la manière dont ils atteindront leurs objectifs. Seuls compteront leurs résultats

Nouveau système de contrôle
Les nouveaux top managers décideront en toute autonomie de la manière dont ils utiliseront les moyens à leur disposition (en termes de budget, de personnel, d’infrastructure) pour mener leurs objectifs à bien. Cela dit, ils seront responsables de la gestion de ces moyens. Aussi l’administration a-t-elle prévu des mécanismes de contrôle spécialement adaptés à cette nouvelle façon de concevoir le travail, avant, pendant et après l'exécution du projet.

Pour en savoir plus :
Le site Copernic

 

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