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L'Allemagne
à l'heure des réformes libérales
L'Allemagne,
grâce à l'action énergique de Bismarck,
a mis en place très tôt un système public
performant d'assurance vieillesse. Ce système a transformé
les régimes d'entreprise qui s'étaient développés,
durant tout le XIX ème siècle, en régimes
complémentaires.
L'architecture
de la couverture de l'assurance vieillesse a été
fixée par les lois de 1889 et de 1911. Ainsi, les ouvriers
et les employés sont affiliés à l'assurance
pension. Les fonctionnaires disposent, par ailleurs, de leur
propre régime. Dans le secteur privé, les salariés
peuvent bénéficier de régimes d'entreprise.
L'assurance
pension qui joue globalement le rôle de notre régime
de base et de nos régimes complémentaires, est
financée par des cotisations acquittées par
les salariés et par les employeurs ainsi que par une
subvention d'Etat.
Au sein
de l'ex-Allemagne de l'Ouest, l'assurance pension verse environ
10 millions de pensions dont 8 millions au titre de l'assurance
vieillesse. Le reste est octroyé à des conjoints
survivants ou à des orphelins. Le régime du
secteur public distribue un million de pensions. Enfin, il
y a trois millions de bénéficiaires de régimes
d'entreprise.
Le système
allemand est très favorable puisque qu'en moyenne un
salarié touche 78 % de son revenu net pour 45 années
de cotisations.
L'Allemagne
est, encore plus que la France, confrontée au problème
du vieillissement démographique. Chaque année,
il y plus de décès que de naissances chez notre
voisin.
Ratio
des plus de 65 ans /20-64 ans
| 1989
: première étape dans la réforme
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| Alors
qu'il y avait 1,7 cotisant pour un reatrité en
1995, il n'y en plus qu'1,6 en 2000. Ce chiffre devrait
s'abaisser à 1,4 n 2010, à 1,2 en 2020 et
à 1 en 2030. |
Face aux
problèmes structurels de l'assurance vieillesse, en
1989, une réforme équivalente à celle
que la France, adoptée en 1993, a été
mise en oeuvre. Le montant de la pension a été
ramené à 70 % du revenu moyen. Cette réforme
se distingue, néanmoins, sur deux points par rapport
à la réforme française. Premièrement,
le recul de l'âge de départ à la retraite
a été expressément mentionné ;
il sera porté progressivement de 60 à 65 ans
d'ici 2012. Deuxièmement, cette réforme s'applique
à l'ensemble des actifs et non aux seuls salariés
du secteur privé.
La réforme
de 1989 est vite apparue insuffisante pour combler le déficit
de l'assurance vieillesse, plus de 18 milliards de DM en 1996,
d'autant plus que la réunification a contribué
à augmenter fortement les charges. Selon la Bundesbank,
il conviendrait de porter de 20 à 27 % le taux de cotisation.
En 1996, le Gouvernement d'Helmut Kohl, à travers un
accord avec l'opposition, a proposé une nouvelle réforme
qui restreint les droits à pension. Le processus de
relèvement de l'âge à la retraite a été
accéléré.
Au mois
d'avril 1998, le taux normal de TVA est passé de 15
à 16 % en Allemagne afin de limiter le déficit
récurent de l'assurance vieillesse.
La proposition
d'abaissement à 65 % du niveau des pensions au lieu
des 70 % actuellement en vigueur, avait été
retenue par Helmut Kohl.
Si l'assurance
retraite traverse une crise difficile, il en est de même
pour les régimes d'entreprise. Ces régimes ne
sont pas, en règle générale, comparable
à des fonds de pension américains ou anglais.
Dans l'ex Allemagne de l'Ouest, environ 10 millions de salariés
sont couverts par un régime d'entreprise, soit moins
de la moitié.
Dans la
grande majorité des cas, l'entreprise constitue des
provisions en son sein pour assurer le versement de pensions.
En période de création d'emplois et avec peu
de retraités, ce système est très avantageux
pour les entreprises. En revanche, à partir du moment
où le nombre de retraités augmentent, la situation
peut rapidement devenir explosive.
La multiplication
des faillites des entreprises a contraint les pouvoirs publics
à mettre en place des mécanismes de réassurance.
En effet, la faillite d'une entreprise pouvait entraîner
la perte de l'ensemble des droits accumulés par les
salariés.
Ce système
de provision se justifiait dans une économie de plein
emploi à faible mobilité. Il apparaît
obsolète dans une économie en mutation permanente.
Les entreprises
ont tendance à se désengager et privilégient
désormais les fonds de pension à gestion externe.
Il faut souligner que les régimes d'entreprises peuvent
donner lieu à trois autres formules : caisse de secours,
caisse de pension et assurance directe au profit du salarié.
| 2000
: la réforme Riester |
La réforme des retraites adoptée
au Bundestag le 26 janvier 2001 puis au Bundesrat le 11 mai
2001, consiste à combiner le système actuel de retraites par
répartition à un mécanisme de capitalisation.
La
réforme du régime GRV et la
création d'un dispositif facultatif d'épargne-retraite
- A partir de 2002, 1% du salaire
brut est consacré à l'épargne privée. Ce taux doit
augmenter progressivement jusqu'à 4% en 2008. Ces
cotisations pour les retraites par capitalisation sont subventionnées
par l'Etat.
La première année,
tout actif plaçant au moins 0,5% de son salaire brut
dans un fonds de retraite reçoit une prime de 19
euros. Elle atteindra 153,3 euros par an pour un célibataire
et le double pour un couple marié en 2008.
Celle-ci augmentera jusqu'à
atteindre près de 154 euros par an en 2008 pour ceux
qui auront placé 4% de leur salaire. Pour les bas
salaires, les subventions sont directement versées
sur le compte épargne retraite par le Trésor
public.
Les ménages plus aisés peuvent quant à
eux bénéficier en plus des subventions d'une
remise d'impôt sur les sommes épargnées.
L'allègement est de 75 marks plus 90 marks par enfants
à charge à partir de 2002, avec une augmentation
tous les deux ans.
- Le taux de cotisation pour
la retraite par répartition sera plafonné
à 20% d'ici à 2020 (elles sont aujourd'hui
à 19,3%) et 22% d'ici à 2030. Compte-tenu
du vieillissement de la population, il aurait du atteindre
26% d'ici trente ans.
- Cette stabilisation entrainera
une baisse progressive des retraites par répartition.
Ainsi, les retraites du régime légal d'assurance pension
qui assurent aujourd'hui en moyenne, un taux de remplacement
de l'ordre de 70% (pour 45 ans de cotisation) devraient
passer à 67% à l'horizon 2030.
- Les contribuables peuvent
utiliser 10 à 50 000 euros épargnés
dans le cadre de leur retraite complémentaire pour
financer sans intérêt l'achat d'un appartement
ou d'une maison. Seule condition : que cette somme ait été
remboursée avant le 65ème anniversaire de
la personne.
- Renforcer
les régimes de retraite d'entreprise. Depuis
2002, lorsqu'un accord a été signé
entre les employeurs et les représentants des entreprises,
les salariés ont la possibilité de convertir
une part de leur salaire (4% dans la limite du plafond de
la sécurité sociale) en contribution à
un régime d'entreprise.
Les retraites d'entreprise
devrait permettre d'arriver à un taux de remplacement global
de 71,8%. Ce taux pourrait même atteindre 80% puisque les
promoteurs de la réforme attendent un taux de rendement
moyen des retraites d'entreprise de 5,5%, ce qui doit permettre
d'améliorer le taux de remplacement.
- A compter
de 2002, la loi autorise la création de fonds de
pension.
En ce
qui concerne l'introduction d'une épargne-retraite par capitalisation,
le texte n'a pas trouvé de majorité au Bundesrat. En effet
les conservateurs ainsi que certains élus SPD du Bundesrat
jugent trop importante le montant des aides publiques qui
devrait s'élever à 10,2 milliards d'euros en 2008 dont 4,09
milliards incomberaient aux Lander. Il y a blocage sur la
répartition du financement entre Etat fédéral et Etats fédérés.
Le texte devrait être examiné par une commission de conciliation,
et
le volet de la réforme ne devrait entrer en vigueur
que le 1er janvier 2002.
Pour
en savoir plus :
La
"retraite Riester" La prévoyance vieillesse en Allemagne,
par Friedhelm Mensing, mars 2002
Màj
: 01.01. 2002
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