Royaume-Uni
Du thatchérisme au blairisme, l'heure est à la réforme 

 

La contribution de l'Etat au financement des retraites n'excède pas 4,5% du PIB britannique contre 11,1% en Allemagne et 10,6 en France.

Au Royaume-Uni, la couverture du risque vieillesse est assurée par trois étages : les régimes publics (pension de base et SERPS), les régimes professionnels (privés), les plans d'épargne individuels. 
Actuellement, 85 % des salariés sont couverts par un régime complémentaire, 51 % au titre des régimes professionnel, 20 % au titre du SERPS, 28 % dans le cadre d'une couverture individuelle souscrite auprès du secteur privé. 

  • Les régimes de base par répartition, crées en 1948, versent “ la basic pension ” qui est relativement faible (67£ par semaine pour une personne seule, 106£ pour un couple). Cette retraite est complétée par des pensions issues des régimes professionnels qui obéissent à la technique de la capitalisation. 

  • Afin d'améliorer le régime de base, les pouvoirs publics ont, en 1978, institué un régime complémentaire public, le SERPS (State Earning Related Pension Schemes), en faveur des salariés ne bénéficiant pas de régimes d'entreprises. L'affiliation n'est pas obligatoire. La cotisation est proportionnelle au revenu. Le SERPS permet d'élever le niveau des pensions à 60 % du dernier salaire.  En 1980, le Gouvernement de Margaret Thatcher a désindexé les pensions des salaires pour l'indexer aux prix. Dans les années quatre-vingt, la réforme du SERPS aboutira à diminuer le montant global des pensions. Pour un homme, le taux de couverture par rapport le dernier salaire passera de 36 % à 23 % de 1996 à 2040. 

  • Les régimes professionnels (occupational pensions) sont mis en place par les entreprises pour tous les salariés ; ils sont financés par l'employeur et le salarié et gérés par des trust. Les fonds ne sont pas transférables et il faut rester un minimum de temps dans l'entreprise pour valider ses droits.

  • En 1988, le Gouvernement a  fait adopter une loi instituant des plans de retraite individuels (personal pension)qui permet à chaque salarié de se constituer une pension à titre personnel. L'employeur peut également y contribuer. Les souscripteurs à ces plans peuvent être dispensés de cotiser au régime complémentaire. Ils bénéficient par ailleurs d'un exonération fiscale dans la limite d'un plafond.

Les réformes en cours :

  • Une seconde pension d'Etat :
    Tony Blair propose de remplacer progressivement le SERPS par une seconde retraite d'Etat (second state pension). Ce nouveau système d'épargne retraite collectif sera réservé aux revenus modestes (inférieurs à 9 500 livres par an) et permettra d'accroître le nombre de salariés pouvant bénéficier d'une retraite complémentaire.
    Il entrera pleinement en application en avril 2001. "Il ne s'agit pas d'une nouvelle pension s'ajoutant aux autres, le principe de la réforme est de déterminer des circonstances dans lesquelles l'employeur a obligation de prévoir un régime de retraite privé à l'égard de ses salariés."

  • Le "stakeholder pension scheme" .

    Ce nouveau régime de retraite entrera pleinement en application en avril 2001.
    Il s'agit là d'une sorte de système d'épargne retraite collectif permettra d'accroître le nombre de salariés pouvant bénéficier d'une retraite complémentaire.
    Tout employé qui n'est pas couvert par une retraite professionnelle d'entreprise pourra souscrire une stakeholder pension. Les entreprises de plus de 5 salariés devront mettre en place un régime de pension complémentaire pour tout salarié de plus de 18 ans, dans un délai de trois mois suivant son embauche. L'employeur devra consulter ses salariés avant de mettre en place ce nouveau système. L'employeur n'est pas tenu d'y contribuer. La gestion de ce système privé sera confiée aux assureurs mais restera encadrée par l'Etat.
    "Ces régimes sont beaucoup plus abordables que l'épargne-retraite individuelle : la contribution minimale du salarié est de 20 £ (31,7 euros) et peut atteindre 3600 £ (5702 Euros) par an, voire plus. Les frais de gestion annuels seront limités à 1% de la valeur de l'investissement. Ils devront être transférables en cas de départ de l'entreprise. Sont visés par cette réforme mles Britanniques aux revenus compris entre 9 000 et 18 000 livres par an." Liaisons sociales Europe du 12 au 25/07/2000.