Le système des pensions de retraite

LE QUEBEC REINVENTE LES FONDS DE PENSION AU QUEBEC

"Le principal syndicat, la FTQ, a créé un fonds de pension unique au monde, afin de favoriser le maintien et la création d'emplois .

Alors qu'en France, les syndicats continuent de considérer les fonds de pension comme des actionnaires qui poussent les entreprises à supprimer des emplois, le FTQ a fait le pari inverse.

Le fonds est une véritable niche fiscale. Le gouvernement fédéral et celui du Québec consentent des réductions d'impôts pouvant aller jusqu'à 80% des sommes investies, soit 30% de plus que les autres fonds de pension canadiens. Par ailleurs, le fonds dégage en dix ans une rentabilité moyenne de 7,2% par an.

Sur 3,7 millions de Québécois en âge de travailler, plus de 426 000 confient aujourd'hui au fonds une partie de leurs économies, en moyenne l'équivalent de 45 000 francs français. Ce qui a permis au fonds de solidarité d'investir environ 2,5 milliards de dollars canadiens (12,5 milliards de francs français) dans plus de 1600 entreprises, permettant de sauvegarder ou de créer 90 000 emplois : 49 000 directs et 51 000 indirects. Au bout de quinze ans, le fonds de solidarité est devenu une véritable institution financière au même titre que la vénérable Caisse des dépôts du Québec.

Le fonds investit dans tous les secteurs d'activité, principalement dans l'économie traditionnelle, première pourvoyeuse d'emplois au Québec mais aussi dans les secteurs d'avenir.

Mais le fonds de solidarité est un actionnaire exigeant qui avant d'investir dans une entreprise procède à l'analyse du bilan financier et du bilan social. Autre exigence, les entreprises dans lesquelles il investit, s'engagent à verser 40 dollars par an et par salarié pour leur donner une formation économique. En fait, le Fonds de solidarité est l'entreprise québécoise qui possède à la fois le plus grand nombre d'actionnaires mais aussi le plus grand nombre d'administrateurs, même s'il est presque toujours minoritaire dans le capital des entreprises, il exige systématiquement d'avoir au moins un représentant au Conseil d'Administration.

Pour rester proche de la petite entreprise, le fonds a mis en place des structures régionales qui n'ont pas le droit d'investir plus de 2 500 000 francs dans une entreprise et même 86 fonds locaux qui, eux, n'ont pas le droit d'investir plus de 250 000 francs dans une société.

L'exemple du FTQ a fait école, l'autre grand syndicat du Québec, la CSN, a décidé fin 1996 de lancer son propre fonds de pension."

(Source : caisses des dépôts et consignations - Le Monde du 27/01/2001, 2 pages).