Les réformes des système de retraites au-delà de nos frontières

 

La France, une fois de plus, aime à faire bande à part. Chez nos partenaires de l'OCDE, le financement de la retraite a déjà fait l'objet de multiples réformes. Aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suède, en Belgique et dans bien d'autres pays, de grandes réformes structurelles ont été mises en oeuvre. 

La réunion annuelle de l'OCDE, du 27 et 28 avril 1998, a traité le problème du maintien de la prospérité dans des sociétés âgées. Le rapport de l'OCDE souligne que lors des 25 dernières années, le nombre des retraités de plus de 65 ans a progressé de 45 millions alors que la population active augmentait de 120 millions au sein des pays membres de l'OCDE. En revanche dans les vingt-cinq prochaines années, le nombre de retraités progressera de 70 millions alors que le nombre des actifs ne s'accroîtra que de 5 millions. L'OCDE préconise d'éliminer les dispositifs d'incitation de préretraite et d'encourager au contraire l'allongement de la période d'activité et de développer des fonds de pension. 

Les conclusions de l'OCDE ont déjà trouvé des traductions dans les politiques mises en oeuvre chez nos principaux partenaires. 

Malgré des histoires différentes, malgré des structures différentes, de grandes similitudes existent dans la couverture des risques vieillesse au sein des pays occidentaux. Ainsi, la quasi-totalité des Etats dispose d'un régime de base par répartition. Ce premier étage est, en règle générale, complété d'un deuxième, appelé régime complémentaire qui repose fréquemment sur la capitalisation. Enfin, les actifs ont la possibilité d'épargner, à titre individuel, en vue de préparer leur retraite. En fonction des pays, cette épargne est favorisée par des dispositifs fiscaux spécifiques. La France se distingue par le choix de la répartition tant pour le régime général que pour les régimes complémentaires. 

Les tendances communes des réformes :

Diversifier les modes de financement : plusieurs pays parmi lesquels le Japon, le Canada et la Norvège, ont créé des fonds de réserve à l'intérieur des régimes par répartition. D'autres pays dont le système par répartition est particulièrement peu important ont mis en place des régimes complémentaires importants : c'est le cas des Etats-Unis, de l'Australie ou encore des Pays-Bas.

La capitalisation occupe une part croissante au sein des pays occidentaux, mais aussi au sein des pays en voie de développement. Le rendement des placements financiers favorise cette évolution. 

Dans tous les grands pays, une réflexion s'est engagée sur les possibilités de maintenir ou d'améliorer malgré le vieillissement de la population, le pouvoir d'achat des retraités. 

 

Zoom sur la Suède, l'Allemagne et l'Italie

Au-delà des situations particulières de ces pays, les réformes engagées présentent trois approches convergences. Notons-le : ces réformes sont le fait de gouvernements sociaux-démocrates.

  • Face au déséquilibre à venir du régime de retraite par capitalisation, il faut trouver un nouvel équilibre entre durée du travail, montants des cotisations et des prestations.
  • L'appel à la capitalisation s'est généralisé
  • L'âge de départ à la retraite est retardé mais en parralèle, un système à la fois équitable et plus souple se met en place : ceux qui désirent partir plus tôt ou plus tardivement voient leurs droits calculés de manière équitable.
  • Les réformes recherchent l'égalité : les particularités générant des inégalités sont alignées. "


De nombreux pays se préparent au papy-boom

Entre le recul de l'âge de départ à la retraite, la constitution de provisions ou l'instauration de régimes incitatifs en faveur de l'épargne retraite, de nombreux Etats sont entrés dans une phase d'adaptation de leur législation pour faire face au défi du vieillissement de la population. 

L'Autriche a aligné les conditions de retraites des fonctionnaires sur celles des salariés du privé. Fin de programme : 2020.

En Espagne, il a été ainsi décidé de créer un fonds de réserve alimenté par des recettes obtenues en période de conjoncture favorable, d'inciter fiscalement la constitution de fonds de pension. Le pacte de Tolède, signé en 1995 par tous les partis politiques, prévoit que les pensions sont calculées sur les 15 dernières années (et non plus 8).
Par ailleurs, en cas de recours aux préretraites en dehors d'un plan social, les entreprises devront prendre en charge
les cotisations retraite des salariés jusqu'à ce qu'ils atteignent 65 ans. Toute personne désirant travailler au-delà de l'age légal et ayant déjà cotisé plus de 35 ansverra le montant de sa retraite augmenté de 2% par année supplémentaire travaillée.

Les entreprises embauchant des salatiés de plus de 65 ans seront exonéres de charges sociales.

Zoom sur les Pays-Bas

Des personnes âgées actives plus longtemps.
Alors que les 'jeunes vieux' – de 50 à 54 ans – choisissaient déjà souvent de continuer à travailler, la même tendance se manifeste les dernières années parmi le groupe de 55 à 60 ans. C'est ce qui ressort du Rapportage Ouderen 2001, une large étude de la situation des personnes âgées aux Pays-Bas effectuée par le Sociaal en Cultureel Planbureau (SCP).
Sur la base des résultats trouvés, le bureau s'attend à ce que qu'''une croissance considérable de la participation au travail se produise aussi les prochaines années parmi les personnes âgées de 60 à 64 ans'. "Le changement de cap dans les conventions collectives, concernant la préretraite (VUT) semble porter ses fruits", conclut l'institut de recherche.
Le nombre de personnes âgées restant actives
Chez les hommes, la participation au travail est revenue au niveau initial de 1973 dans le groupe de 50 à 54 ans. Alors qu'en 1993, 38 % des hommes et 11 % des femmes de 55 ans et plus travaillaient encore, en 2000, ils étaient respectivement 48 et 20 % à être encore actifs.
C'est surtout le passage de 60 à 62 ans de l'âge de la préretraite VUT qui fait que les gens restent actifs plus longtemps.