|
Etats-Unis
La bonne santé de l'économie et des finances
publiques
au service des retraites
La retraite
aux Etats-Unis, ce n'est pas uniquement les fonds de pension.
Il existe un régime de base fonctionnant selon le principe
de la répartition et qui verse une pension à
92 % des retraités. Le système américain
est récent. Il a été, en effet, institué
par Roosevelt dans le cadre des grandes lois relatives au
New Deal. Comme en Europe, ce sont les grandes compagnies
du XIX ème et en particulier les compagnies ferroviaires,
ainsi que l'Etat fédéral qui ont les premiers
mis en oeuvre une couverture vieillesse. La faillite des régimes
de retraite des chemins de fer et la grande crise qui entraîna
dans la misère des millions de petits rentiers, souvent
âgés, contraignirent le Gouvernement de Franklin
Delano Roossevelt a institué un régime d'assurance
sociale financé à partir de cotisations sociales
salariés et employeurs. La montée en puissance
de ce régime public fut longue. Ce n'est qu'à
partir des années cinquante que les pensions dépassèrent
celles versées dans le cadre de l'assistance aux personnes
au-dessous du seuil de pauvreté. A côté
de ce régime qui concerne les salariés du secteur
privé, il existe des régimes spécifiques
au secteur public.
Les salariés
américains peuvent en plus de leur régime de
base cotiser à des régimes professionnels Mais,
seulement 44 % des retraités touchent une pension d'un
régime professionnel par capitalisation et qui constitue
le deuxième étage. Il faut souligner que le
poids de ces régimes a tendance à décroître
du fait du désengagement des entreprises.
Les revenus
des retraités américains sont issus à
36 % du régime de base, à hauteur de 18 % des
régimes professionnels, le reste provient de l'assistance
publique, de l'épargne individuelle et du travail.
Il est très fréquent que les retraités
continuent à temps partiel de travailler.
Les régimes
professionnelles sont essentiellement à prestations
définies ; les cotisations sont versées par
l'employeur. Du fait du coût croissant de tels régimes,
les entreprises limitent leurs engagements.
L'épargne
salariale remplace les régimes professionnels. Plus
souples, ils répondent mieux aux attentes des salariés
et aux entreprises.
Plusieurs
dispositifs existent : ainsi, le salarié américain
peut opter pour des plans d'épargne qui recueillent
l'intéressement, pour des dispositifs d'actionnariat
des salariés ou des plans d'épargne individuels.
Des avantages fiscaux ont été institués
pour faciliter le versement d'une partie de l'épargne
sur de tels plans. Plus de 30 % des salariés américains
ont ouvert des plans d'épargne retraite.
La puissance
des fonds de pension américains provient de leur ancienneté
et d'un environnement fiscal particulièrement incitatif.
Les fonds
de pension américains prennent la forme de trust ,
la gestion est déléguée en toute transparence
juridique et fiscale à des administrateurs qui font
appel à des spécialistes, actuaires, gestionnaires
d'actifs, gestionnaires de passifs...
Les fonds
américains sont devenus des acteurs incontournables
des marchés financiers et des conseils d'administration.
Plus de 30% des actions cotées en bourse sont, aux
Etats-Unis, détenue par des fonds de pension, sachant
que les américains en détiennent directement
déjà plus de 30 %. Ainsi, près des deux
tiers de la capitalisation des entreprises américaines
est directement ou indirectement dans les mains des résidents
des Etats-Unis. Ce chiffre explique, en grande partie, la
vitalité de l'économie américaine.
Même
si la population américaine est plus jeune que celle
de l'Europe, il n'en demeure pas moins que le régime
de retraite sera également confronté à
un problème de financement d'ici quelques années.
Le Président américain, Bill Clinton, a proposé
d'améliorer le régime de base et de le pérenniser
en lui affectant les excédents budgétaires.
Pour en
savoir plus :
Aux
Etats-Unis, les employeurs s'occupent des "parents à charge",
Le Monde Economie, le 05.02.2001
Quand certaines entreprises aident leurs salariés à
prendre soin de leurs ascendants
|