|
Quelques
programmes de lutte contre l'insécurité
La
lutte contre l'insécurité pour être
efficace doit combiner :
- une prise de conscience citoyenne. Les exemples
étrangers montrent combien les associations jouent
un rôle essentiel et comment il ne peut y avoir
de "déclic" pour lutter contre l'insécurité
sans une véritable "prise de conscience citoyenne"
qui incite chacun à s'impliquer.
- une action répressive ciblée
(notamment sur la drogue, mais aussi, aux Etats-Unis
surtout, sur les gangs de rue et les armes à
feu)
- un suivi des parents dont la situation sociale
ou familiale est fragile, ou qui se sentent débordés
face au comportement de leurs enfants
- des actions éducatives et d’aide à
l’emploi pour les jeunes. |
Améliorer
la sécurité dans des quartiers à risque
par des moyens techniques
|
-
Installation de caméras vidéo
La moitié des villes de
Grande-Bretagne et du Pays de Galle possède un
système de caméras en circuit fermé.
C'est par exemple le cas de New Castle depuis 1992.
Les avantages de la surveillance
par caméras sont la discrétion, la communication
rapide entre l'équipe de surveillance civile
et les policiers, la possibilité d'obtenir des
enregistrements video pour identifier des témoins
ou pour les besoins de la Cour.
En
France, certaines villes ont installé de tels
systèmes.
C'est le cas de Sartouville qui a disposé des
caméras en plusieurs points de la ville (centre
de santé, maison de quartier, bibliothèque...).
Celles-ci sont reliées et manipulées depuis
le poste de police municipale et envoyées vers
le commissariat. Les données sont conservées
24 heures ; en cas de délit constaté,
elles sont transmises au Procureur de la République.
|
 |
-
Le label pour des habitats sécurisés aux
Pays-Bas
La police néerlandaise a crée
un programme de "vignettes d'habitation sécurisée"
afin de limiter les atteintes à la propriété.
Pour obtenir ce label, les promoteurs immobiliers doivent
satisfaire à des critères très stricts
en matière d'architecture et de dispositif de sécurité
:
- Caractéristique des quartiers
(dimensions, densité, échelle et hauteur des
bâtiments, accès) et des lotissements (ensembles
d'habitation, propriétés individuelles, terrains,
places et jardins publics) ;
- Equipements urbains (stationnements
à ciel ouvert, garages privés, installations
de jeu, stations de métro, abribus) ;
- Participation et responsabilisation
des résidents, gestion des quartiers par la collectivité,
surveillance des maisons) ;
- Conception des immeubles (caractéristique
des entrées principales, dispositifs de sécurité).
Soutenir
les jeunes et leurs familles
Le
Quantum Opportunities Program ou l'encouragement à
l'obtention d'un diplôme (Etats-Unis)
Le constat
de départ est le suivant. Les jeunes qui éprouvent
des problèmes scolaires et les décrocheurs sont
plus sujets à la délinquance et la consommation
de drogues et les jeunes défavorisés ont tendance
à commettre trois fois plus de crimes que la moyenne
des citoyens.
Le Quantum
Opportunities Program encourage les adolescents défavorisés
à terminer leur scolarité en leur offrant des
activités en dehors des heures de classe pour lesquelles
ils reçoivent une rémunération (entre
1$ et 1,33$ de l'heure). Un montant équivalent est
déposé dans un compte destiné à
financer leurs études.
De 1989
à 1993, les adolescents défavorisés de
cinq villes (San Antonio, Philadelphie, Milwaukee, Saginaw
et Oklahoma City) ont bénéficié de ce
programme. L'âge moyen des participants était
de 14 ans.
Les jeunes par groupe de 20 à 25 avaient le choix entre
diverses activités dans la limite de 250 heures par
an :
- activités éducatives : enseignement assisté
par ordinateur, tutorat par des pairs, aide pour les devoirs;
- activités de services : services communautaires et
aide lors d'événements publics ;
- activités de développement personnel
Le coût
d'un tel programme, qui s'est aujourd'hui étendu, est
estimé à 10 000 $ par participant 4 ans. Parmi
les partenaires du financement, signalons la Fondation Ford
qui a versé une subvention totale de 1,18 millions
de dollars pour une période de quatre ans.
Les
liens :
QOP
Program Inquiries
Program
evaluation
Grands
Frères et Grandes Soeurs d'Amérique
Les enfants élevés par des mères-célibataires
auraient deux fois plus de risque d'abandonner l'école,
de se retrouver dans des foyers d'accueil et d'entrer dans
le système judiciaire.
C'est afin de venir en aide à ces enfants que l'organisation
Grands Frères et Grandes Soeurs d'Amérique
a été crée. En 1991, on retrouvait 500
agences et environ 70 000 participants (jeunes et adultes)
impliqués dans ce programme à travers les États-Unis.
L'objectif
est de permettre aux enfants âgés de 6 à
18 ans de développer une relation d'amitié avec
un bénévole adulte à l'occasion d'activités
diverses (sport, sorties...). Ces rencontres sont par la suite
supervisées.
Les bénévoles sont choisis après une
enquête minutieuse (visites à domicile, entrevues
et vérification des antécédents).
On tient compte des besoins et des désirs de l'enfant,
des préférences de la mère et des qualités
et compétences du bénévole avant d'engager
tout parrainage.
L'aide
aux familles volontaires
La compétence des parents et le bon fonctionnement
de la famille sont autant de facteurs qui permettent
de limiter les risques de délinquance juvénile.
Au milieu des années 1970, l'Université de Syracuse
(Etat de New York) a mis au point le Family Development
Research Program visant à favoriser le développement
harmonieux de familles économiquement défavorisées
(généralement jeunes, monoparentales, sans diplômes
secondaires et sans emploi) en offrant les services de soutien
suivants :
- des visites hebdomadaires de travailleurs de la santé
pour aider ces familles dans les domaines de l'éducation
des enfants, des relations familiales et de l'emploi ;
pour favoriser les contacts avec les services sociaux et les
instituteurs de leurs enfants
- des services de garde d'enfants (jusqu'à 5 ans),
offerts au Children's Center de l'université.
Pour
en savoir plus :
WestEd Center for Child and Family Studies
L'action
des villes
L'exemple
anglais
En 1998, le gouvernement britannique a adopté la Loi
sur la criminalité et le désordre (Crime
and Disorder Act) qui stipule que toutes les autorités
locales et les services de police doivent mettre en œuvre
des partenariats d'élaborer et de mettre en œuvre des
stratégies de lutte contre la criminalité et
les troubles à l'ordre public
Les services sociaux, l’éducation, la santé,
la probation, la protection de l’enfance, les tribunaux et
d’autres organismes locaux sont impliqués.
La loi impose les obligations suivantes :
- Diagnostic local de sécurité. Réalisation
d'une étude sur la criminalité et les troubles
à l'ordre public par les conseils régionaux
et la direction des forces de police
- Vaste consultation publique visant à préciser
les sources d'inquiétude et les causes de la criminalité
à évaluer les mesures de prévention en
vigueur.
- Elaboration et publication d'un rapport définissant
des objectifs précis et faisant état
de l'avis des populations et organismes consultés.
- Mise en oeuvre dans chaque municipalité d'un conseil
de partenariat stratégique (Partnership Strategy
Board) chargé de l'orientation, de la gestion,
du suivi et de l'évaluation des programmes adoptés.
- Collaboration entre les forces de police, les comités
de surveillance, les autorités de santé et tous
organismes.
|