|
La
lutte contre la délinquance des mineurs
en Grande-Bretagne
La
chasse à l'école buissonnière est ouverte
Chaque année en Grande-Bretagne, un million d'écoliers
et de lycéens désertent les salles de cours
sans motif valable. L'objectif poursuivi est de réduire
ce temps perdu (d'un tiers d'ici l'an 2 002) afin de limiter
les risques de délinquance. Pour lutter contre l'absentéisme,
diverses pistes sont envisagées : possibilité
pour la police d'interpeller les jeunes soupçonnés
de faire l'école buissonnière et de les reconduire
dans leurs établissements ; responsabilisation des
parents qui peuvent être soumis à une injonction
judiciaire ; ou encore registres de présence informatisés.
Les
couvre-feux
Il concerne les enfants de moins de dix ans livrés
à eux-mêmes dans les rues à une heure
tardive.
Un officier de police qui aura de bonnes raisons de penser
qu'un enfant a enfreint le couvre-feu devra le reconduire
chez ses parents ou, en leur absence, au commissariat.
Ordonnance
sur la sécurité des enfants (child safety
order)
Elle vise à prévenir tout comportement anti
social de la part d'un mineur de moins de 10 ans. Elle concerne
également les enfants ayant enfreint le couvre-feu
dont ils étaient l'objet, et ceux qui ont commis un
acte qui aurait constitué un délit si l'enfant
avait été âgé de plus de 10 ans.
L'enfant sera placé sous la surveillance d'un travailleur
social ou d'un membre d'une brigade anti-délinquance.
L'ordonnance a une durée de trois *mois pouvant être
prolongée jusqu'à un an.
La
détention-formation
Cette mesure concerne les mineurs récidivistes, les
plus jeunes pouvant avoir 10 ans.
Elle permet de condamner certains mineurs à effectuer
leur peine pour moitié en détention (durée
variable de 4 à 24 mois dans un établissement
spécialisé). Pendant cette période, ils
suivent une formation.
En cas de bonne conduite, ils sont relâchés mais
placés sous la surveillance d'un officier de probation
ou d'un travailleur social, jusqu'à l'expiration de
la peine.
En cas de non respect des règles de mise en liberté
surveillée, le délinquant sera passible d'une
nouvelle mise en détention ou d'une amende de 10 000
francs.
retour
| Responsabiliser
les parents |
Le
gouvernement a décidé d'aider les parents à
mieux élever leurs enfants en proposant à
ceux qui le souhaitent soutien et repères (recommandations
avant la naissance de l'enfant, formation de 6 semaines concernant
la nature des premiers rapports entre enfants, session sur
la discipline, information sur la drogue...). Ces mesures
s'inscrivent dans le cadre d'une politique familiale plus
vaste (encouragement au mariage, responsabilité parentale
accordée automatiquement aux parents non-mariés
ayant déclarés conjointement l'enfant...).
Parallèlement,
le gouvernement a décidé des responsabiliser
civilement et pénalement les parents. L'objectif :
les aider à lutter contre le comportement anti-social
ou criminel de leurs enfants :
On les contraint à suivre des sessions de formation
afin qu'ils apprennent à contrôler leurs enfants
: veiller à ce qu'ils aillent à l'école,
à ce qu'ils évitent certains lieux ou certaines
personnes qui auraient une mauvaise influence sur eux.
En cas de non respect de ces obligations, les parents seront
jugés coupables d'un délit et passibles d'une
amende pouvant atteindre 10 000 francs.
retour
|
Vers
une plus grande sévérité des peines
: la tolérance zéro
|
- Abaissement
de la répression pénale de 13 à 10 ans.
Depuis le 31/07/1998, l'âge de la responsabilité
pénale est de 10 ans.
-
Suppression de la présomption d'irresponsabilité
(doli impax) qui jugeait les enfants de moins de
14 ans incapables de distinguer le bien du mal.
-
Comparution des parents responsables des méfaits
de leurs enfants et pénalisation financière
-à hauteur de 10 000 F.
-
Cartons jaunes et cartons rouges ou le système du
dernier avertissement
Un premier délit peut faire l'objet soit d'une admonestation
s'il s'agit d'une première infraction peu grave, ou
d'une mise en garde si l'infraction est plus importante (ou
si à l'occasion d'une récidive, l'agent de police
considère que l'infraction ne justifie pas une inculpation).
A la suite d'une mise en garde, le mineur est confié
à une brigade anti délinquance juvénile
qui détermine si un programme de réinsertion
et de prévention de la récidive s'impose.
A la suite d'une nouvelle infraction, tout nouveau délit
débouchera sur une inculpation.
-
Les ordonnances de réparation ou les dommages
et intérêts
Tout acte antisocial fera l'objet de réparations auprès
de la victime ou de la communauté tout entière.
Il peut s'agir d'une lettre d'excuses, d'excuses présentées
en personne, du nettoyage du graffitis... Dans tous les cas,
la peine doit être proportionnelle au délit mais
ne peut dépasser 24h. L'exécution de la peine
est contrôlée par un officier de probation ou
par un travailleur social.
-
Peines d'intérêt général
La peine dure trois mois et comporte des obligations (participer
à certaines activités, être présent
à certaines heures dans certains lieux…) et des interdictions
(ne pas fréquenter certains endroits). Pendant la durée
de la peine, le mineur est surveillé par un officier
de probation ou par un travailleur social.
-
La lutte contre les comportements anti-sociaux
Il s'agit de punir la ou les personnes dont le comportement
est jugé anti-social (effrayer, faire souffrir ou harceler
une personne extérieur, un voisin par exemple). Cette
disposition vise principalement les adultes mais peut être
appliquée aux enfants.
retour
| Les
jeunes délinquants récidivistes sous haute surveillance
|
Dans le
cadre de la réforme du système judiciaire britannique, le
gouvernement britannique a lancé en juillet 2001 un
nouveau programme consistant à placer les jeunes délinquants
sous haute surveillance.
Intitulé Intensive Supervision and Surveillance Programme
(ISSP), et chiffré à 45 millions de livres, ce programme
vise en particulier les récidivistes qui ont déjà été traduits
en justice au moins quatre fois pour des délits passibles
de peines d’emprisonnement, ou été envoyés dans des centres
d’éducation spécialisée. Ces jeunes sont jugés responsables
du quart des délits commis par les mineurs.
Les délinquants soumis au programme ISSP seront placés dans
des établissements spécialisés et feront l’objet d’une surveillance
ininterrompue. Pour ce faire, une grande variété de moyens
sera mise en œuvre : bracelets électroniques, authentification
vocale, systèmes intelligents de surveillance continue relayés
par des équipes spécialisées, les Youth Offending Teams,
composées d’officiers de la police, de la justice, et d’agents
des services médicaux et sociaux. Ce programme prévoit également
des mesures individualisées : réparation des actes de vandalisme
: nettoyage des graffitis formation et éducation : alphabétisation,
cures de désintoxication.
retour
|