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Théorie
des sentiments moraux, éd. PUF, 1999, 198F
La Théorie des sentiments moraux (1759, dernière
édition augmentée en 1790) est l'oeuvre fondamentale
d'Adam Smith, l'un des penseurs éminents des Lumières
britanniques. Une lecture qui paraîtra sans aucun doute
décisive à quiconque s'intéresse au projet d'une science
empiriste de la morale, ainsi qu'à la philosophie du
lien social élaborée par celui que l'on considère souvent
comme le fondateur de l'économie politique libérale.
Ce projet d'une science de la morale s'inscrit avant
tout dans le cadre de ce que l'on peut nommer la tradition
des sentiments moraux. Remaniant des questions et des
problèmes énoncés, formulés dans la première moitié
du XVIIIe siècle par des auteurs comme Shaftesbury,
Butler, Hutcheson ou Hume, l'auteur de la Théorie construit
une philosophie morale originale, centrée sur le concept
de " spectateur impartial ". Plus largement, Smith forme
le projet ambitieux de concilier l'enseignement moral
du christianisme, prônant la sensibilité et l'amour
d'autrui, avec le stoïcisme, entendu comme morale de
la maîtrise de soi. La Théorie propose également une
philosophie du lien social, nourrie de diverses traditions
de philosophie politique que Smith réinterprète à sa
façon ; par exemple, la tradition du droit naturel,
ou encore le républicanisme de Cicéron. Ces réinterprétations
ne font d'ailleurs que souligner plus amplement la singularité
de la pensée smithienne. La place et la fonction qu'il
donne aux conséquences inattendues dans la constitution
de la société en sont un exemple parmi d'autres, qu'il
désigne par l'expression célèbre de " main invisible
". En interrogeant la nature du lien social, la Théorie
sert de fondement aux réflexions ultérieures, que ce
soit dans le domaine économique avec l'Enquête sur la
richesse des nations, ou encore dans le domaine juridique
avec les Leçons sur la jurisprudence. La présente traduction,
par son parti pris de littéralité, s'attache à rendre
au mieux la précision des analyses de la Théorie des
sentiments moraux. L'appareil critique, développé, s'efforce
d'éclairer les rapports de ce texte avec les travaux
lus et étudiés par Smith ; mais il propose également
de multiples renvois aux autres textes de l'oeuvre smithienne.
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