|
La
liberté d’entreprendre, trop souvent un mot, trop peu une
réalité
La « liberté
d’entreprendre » en France n’est qu’une liberté formelle.
Elle n’y est pas défendue comme aux Etats-Unis, où
les porteurs de projets n’ayant pas accès aux systèmes
« classiques » de financement se voient proposer des
programmes spécifiques de prêt et capital-risque mis
en œuvre ou garantis par l’Etat fédéral.
Plusieurs constats
nous renseignent sur cette réalité :
- 2/3
des créateurs d’entreprises sont issus d’un milieu familial
d’entrepreneurs.
- L’accès
à l’accueil, l’orientation et l’accompagnement de la création
d’entreprises, l’accès à l’information n’est pas le
même pour tous, le maillage du territoire est incertain. La
combinaison de ces facteurs rend aléatoire la qualité
du service rendu au créateur potentiel.
- En France,
celui ou celle qui prend le risque de créer est pénalisé
sur le plan de la couverture sociale.
- L’accès
au financement pénalise particulièrement les «
petits » porteurs de projet. Cette inégalité
d’accès au financement de la création d’entreprises,
due à l’insuffisance de fonds propres ou de quasi fonds propres,
est l’un des principaux obstacles à la diffusion de l’esprit
d’entreprise et l’élargissement de la base sociale des créateurs.
Une
singularité préoccupante
Les exemples étrangers, et en particulier celui des Etats-Unis,
montrent combien la créativité et l'innovation sont au cœur du processus
de croissance.
La création aux Etats-Unis est passée de 500 000 entreprises au
début des années 1990 à 1 million d'entreprises en 1997. Dans le
même temps, les Etats-Unis ont connu une phase de croissance sans
précédent.
De ce point de vue, la situation française est tout à fait préoccupante.
Rapporté à la population active, le nombre d'entreprises françaises
serait de 3,4 millions et non de 2,3 millions si notre pays
avait la même densité entrepreneuriale que la Grande Bretagne.
Comparée aux Etats-Unis, la France accuse un retard plus important
encore puisqu'en appliquant à notre pays le ratio américain, le
nombre d'entreprises françaises devrait s'élever à 4,2 millions.
Cette singularité française se traduit également dans la perception
qu'ont les Français de la création d'entreprise. Une récente enquête
menée par Gallup et la Sofres pour le compte de la Chambre de Commerce
de Paris dans 15 pays de l'Union européenne situe la France parmi
les pays où la difficulté de la création d'entreprises est perçue
comme plus élevée que dans la plupart des autres pays de l'Union.
|
|
Les
chiffres de la création d'entreprise
La création
d'entreprises a concerné 532 672 emplois en 1999.
|
Année
|
Créations
|
Réactivation
|
Reprise
|
Total
|
|
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
|
204 344
195 223
178 767
172 696
170 993
183 822
178 989
171 686
167 829
166 190
|
48 294
51 383
49 485
51 993
54 407
60 700
59 390
57 611
57 866
55 776
|
55 141
54 921
50 724
49 953
48 117
49 663
46 537
46 034
46 424
44 480
|
307 779
301 627
278 976
274 642
273 517
294 185
284 916
275 331
272 119
266 446
|
Répartition des créations d'emplois crées en
1999
| |
Créations
ex-nihilo
|
Réactivations
|
Reprises
|
Total
|
| Nombre
d’emplois |
293 117
|
77 644
|
161 911
|
532 672
|
| En
% |
55
|
14.5
|
30.5
|
100
|
Le nombre moyen d'emplois par structure
| |
Créations
ex-nihilo
|
Réactivations
|
Reprises
|
Total
|
| Nombre
moyen d’emplois |
1,7
|
1,4
|
3,7
|
2,0
|
Nombre des créations d’entreprises par tranche d’effectifs salariés
et par origine de création
| |
Créations
ex-nihilo
|
Réactivations
|
Reprises
|
Total
|
| 0
salarié |
136
343
|
47
878
|
20
925
|
205
146
|
| 1
à 2 salariés |
24
473
|
6
221
|
12
415
|
43
109
|
| 3
à 5 salariés |
4
999
|
1
236
|
5
570
|
11
805
|
| 6
à 9 salariés |
1
140
|
304
|
1
924
|
3
368
|
| 10
salariés et plus |
1
724
|
158
|
1
510
|
3
392
|
| Effectif
inconnu |
995
|
288
|
816
|
2
099
|
| Total |
169
674
|
56
085
|
43
160
|
268
919
|
Source
INSEE – Méthodologie APCE
Les
créations d’entreprises par grands secteurs d’activité
|
Commerce
|
Services aux
entreprises
|
Services aux
ménages
|
Construction
|
Hôtel,
café, restaurant
|
Industrie
|
Transports
|
IAA
|
Total
|
|
76 786
|
54278
|
41 487
|
34 935
|
30 951
|
14 940
|
8 902
|
6 640
|
268 919
|
La
pérénité des entreprises
Selon
une récente étude de l'Insee, sur 87.000 nouvelles entreprises
créées ou reprises au cours du 1er semestre 1994, seules 51.000,
soit 59%, étaient encore en activité trois ans plus tard.
Plus les moyens financiers consacrés au lancement du projet
sont importants, plus les risques de mortalité sont faibles, selon
l'Institut des statistiques. C'est un des premiers critères qui
assure la longévité d'une entreprise. 80% de ceux qui ont investi
au moins 50.000 francs ont survécu au-delà de trois ans.
|
Pourquoi
ne pas créer…une entreprise ?
Emission « Rue des Entrepreneurs »,
France Inter.
Extrait : Thierry Millon, chargé des études à
Dun et Bradstreet
(spécialiste du renseignement commercial)
analyse les défaillances d’entreprises de l’année passée.
|
Combien ça coûte ?
"Les coûts
directs (droits payés aux autorités chargées de l'enregistrement)
et indirects (honoraires payés aux juristes, etc.) pour la création
d'une SARL (ou EURL) étaient compris en 1997 dans une fourchette
allant de 1 900 à 4 600 euros, à laquelle s'ajoute l'obligation
de capital social minimum (environ 6 000 euros). Ces mêmes coûts
étaient compris entre 200 et 800 euros aux Etats-Unis et s'élevaient
à 420 euros au Royaume-Uni. L'obligation de capital social minimum,
d'un faible montant au Royaume-Uni, n'existe pas outre-Atlantique".
Extrait de Le Monde, 10/04/2000.
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|
|
Les
obstacles à la création d'entreprise
Les obstacles
à la création d'entreprise en France font régulièrement
l'objet d'analyses approfondies et de nombreux rapports d'information
à l'adresse des pouvoirs publics, sans que, depuis la loi
relative à l'initiative et à l'entreprise individuelle
en 1994 et le "
Plan PME pour la France ", en 1995, de véritable politique
en faveur de la jeune entreprise n'ait été réellement
engagée.
La majorité
de ces analyses convergent pour souligner l'importance de quatre
séries d'obstacles : les difficultés d'accès
au financement ; la précarité du statut de créateur
d'entreprise ; les carences des dispositifs de soutien à
la création d'entreprise ;
l'absence de " réflexe PME " des politiques publiques.
1.
Les difficultés d'accès au financement
La très
grande majorité des projets de création d'entreprise
sont de petits projets qui, paradoxalement, éprouvent plus
de difficultés à accéder au financement que
les projets plus conséquents.
Ainsi, sur les
166.000 créations en 1997, environ 130.000 ont nécessité
moins de 36.000 francs d'investissement de démarrage. Or,
parmi ces créations, seules 22 % ont bénéficié
d'un concours bancaire.
Plus
le projet est petit, plus l'accès au crédit bancaire
est difficile : ainsi les créateurs apportant moins de 25.000
francs de capital représentent 35 % de l'ensemble des créateurs,
mais seulement 8 % d'entre eux obtiennent un financement bancaire.
Par ailleurs, les données disponibles en matière de
capital-risque montrent, malgré la très vive croissance,
ces dernières années, des financements drainés
par cette activité, l'amorçage -c'est-à-dire
le démarrage- n'en représente encore qu'une fraction
infinitésimale (de l'ordre de 1% des opérations en
1998).
Autrement dit,
il existe un besoin de micro-financement qu'aujourd'hui le marché
ne satisfait pas. Il est plus difficile à un créateur
de trouver les premières dizaines de milliers de francs qu'à
une entreprise technologique cotée en bourse de lever des
millions d'euros.
2.
La précarité du statut du créateur d'entreprise.
La création
d'entreprise est, par définition, une activité à
risque. A la perte du statut de salarié, aux difficultés
liées à la constitution et au démarrage d'une
entreprise, s'ajoutent pour la création d'entreprise un risque
financier et patrimonial qu'aucun filet de sécurité
ne vient atténuer.
A tel point
que la création d'entreprise est presque devenue un mythe,
comme le soulignait récemment notre collègue Jean-Pierre
Raffarin : " la création d'entreprise a été
présentée comme une activité d'exception, particulièrement
difficile, comme un parcours hérissé d'obstacles infranchissables,
exigeant de celui qui voulait s'y lancer des mérites extraordinaires.
Pour atteindre au statut de créateur, il fallait passer par
toutes les affres de la complexité. Ainsi, petit à
petit, on a installé dans la tête des jeunes l'idée
que la création d'entreprise était quelque chose de
surhumain. Ce siècle a donc préféré
les grandes structures, le gigantisme, la concentration. Il a préféré
les grandes métropoles, et les cadres employés par
les grandes sociétés ont pris le pas sur les petits
entrepreneurs. Au fond, il ne faut pas s'étonner si, aujourd'hui,
dans notre pays, on attend d'avoir quarante ans pour créer
son entreprise. "
Au-delà
des aspects psychologiques, la prise de risque, bien réelle,
semble en effet disproportionnée. Mais elle peut être
atténuée selon que le système social et réglementaire
limite ou non la précarité du statut de créateur,
et favorise ou non le passage du statut de salarié à
celui d'entrepreneur. Or, de ce point de vue, le système
juridique français se caractérise encore par un fort
cloisonnement et par une pénalisation excessive du chef d'entreprise
en cas d'échec.
Cette rigidité
française est d'autant plus préoccupante qu'elle empêche
notre société de tirer les pleins bénéfices
de la " nouvelle économie ", liée notamment aux nouvelles
technologies, qui fait fleurir, dans les économies occidentales,
une profusion de très
petites entreprises et qui " tire " la croissance et l'emploi. L'absence
de passerelle entre différents statuts prépare mal
l'économie française à un avenir où,
comme le souligne le rapport Boissonnat au nom du Commissariat général
du plan, sur le sujet du travail dans vingt ans, " Dans l'avenir,
il deviendra naturel de passer d'un statut de salarié à
un statut d'entrepreneur pour revenir éventuellement au statut
de salarié ".
3.
Les carences des dispositifs de soutien à la création
d'entreprise
Le foisonnement
des dispositifs et la multiplicité des initiatives mises
en place depuis de nombreuses années par les pouvoirs publics
n'ont pas permis d'enrayer la diminution du nombre de créations
d'entreprises en France.
Les différentes
évaluations de ces dispositifs soulignent, en effet, de façon
convergente, l'excessive concentration des aides, les carences de
l'accompagnement des créateurs et leur manque de coordination
et de lisibilité.
Le Conseil national
de la création d'entreprise estime qu'environ 3.000 structures
interviennent d'une façon ou d'une autre dans le soutien
à la création d'entreprise. Le nombre de dispositifs
proposés aux créateurs s'élève à
plus d'une centaine. L'ensemble de ces aides bénéficie
cependant à un nombre restreint d'entreprises. Une étude
du Commissariat au Plan sur la création d'entreprise observe
ainsi que " les très nombreuses décisions qui ont
été prises dans le cadre de diverses logiques concernent
en fait un petit nombre d'entreprises. Les créations de très
petites entreprises sont peu aidées.
Ce phénomène
s'est, en outre, accentué ces dernières années
avec la multiplication des dispositifs en faveur de la création
d'entreprises innovantes. Comme le note un rapport récent
du Conseil national du crédit : " Les mesures prises, à
l'exception
d'initiatives mises en place par la SOFARIS, ont été
surtout consacrées aux PMI innovantes et beaucoup moins aux
PME plus traditionnelles ou appartenant à d'autres secteurs
(comme les services ou les BTP), alors que les besoins en fonds
propres de
ces dernières, tels que les expriment leurs dirigeants, sont
plus importants. La mise à niveau en ce qui concerne le financement
des entreprises innovantes ayant été réalisée
pour l'essentiel, une réorientation en ce sens paraît
nécessaire.
Cette spécialisation
des aides conduit notamment à délaisser les projets
de création de très petites entreprises dans les secteurs
d'activité traditionnels.
Cette excessive
concentration s'accompagne d'une certaine carence dans l'accompagnement
de la création d'entreprise.
Quelle qu'en
soit la forme, l'accompagnement par des professionnels d'un projet
de création d'entreprise est un facteur déterminant
de la pérennité de l'entreprise créée.
Or, comme le souligne le rapport du député Eric Besson
sur la création d'entreprise, " on estime qu'environ un entrepreneur
sur dix seulement est accompagné pendant sa phase de création.
Estimation corroborée par la faible somme des prêts
accordés
(10.000 par an environ) par les principaux réseaux d'appui
à la création d'entreprise. On est loin de l'objectif
de " 40 % d'entrepreneurs réellement accompagnés "
que fixait le Commissariat général au Plan dans son
rapport de 1996)
Les dispositifs
d'accompagnement à la création d'entreprise souffrent,
par ailleurs, de l'absence de prise en compte par la loi de leur
existence.
Ainsi, les collectivités
territoriales, afin de promouvoir la création d'entreprise
sur leur territoire, ont souhaité mettre en place des incubateurs,
des fonds d'amorçage ou subventionner des organismes d'accompagnement
de la création d'entreprise tels que les plates-formes d'initiatives
locales. Or, en l'absence de dispositions du code des collectivités
territoriales les y autorisant, ces initiatives ne bénéficient
que de conditions juridiques précaires, peu propices à
leur développement.
4.
L'absence de " réflexe PME " des politiques publiques
L'absence de
prise en compte des enjeux de la création d'entreprise dans
l'ensemble des politiques publiques est également à
l'origine de la complexité et de la lourdeur de la réglementation
et des procédures administratives.
Malgré
les mesures successives de simplification administrative, la création
d'entreprise apparaît encore comme un " parcours du combattant
". Chaque administration poursuit sa propre logique, multiplie des
formalités qui constituent une véritable source de
découragement pour les petites entreprises.
Le droit des
marchés publics est, à cet égard, emblématique,
d'une part, de la complexité des procédures administratives
et, d'autre part, de la faible prise en compte des besoins des PME
par l'ensemble des acteurs publics.
Disposant de
moyens plus limités pour accéder à l'information
sur les besoins des acheteurs, pour suivre les différentes
phases de la procédure de passation des marchés et
pour maîtriser les contraintes d'une procédure par
ailleurs trop complexe, les PME accèdent peu aux marchés
publics, et le plus souvent en tant que sous-traitantes, dans des
conditions peu satisfaisantes.
Alors que les
pouvoirs publics s'efforcent de soutenir le développement
des PME, il est paradoxal de constater qu'ils n'utilisent guère,
dans cet objectif, l'achat public, qui pourrait pourtant se révéler
être un instrument efficace, comme le montre l'exemple américain.
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|
|
Afin de
favoriser la création et le développement d'entreprise
dans une optique d'aménagement du territoire, le Sénat
a constitué, en juin 1998, un groupe de travail " Nouvelles
entreprises et territoires ", composé de 36 sénateurs,
sous la présidence de Jean-Pierre Raffarin, qui a rédigé
la proposition de loi.
La proposition
de loi issue de ces travaux veut offrir une véritable " boîte
à outils " aux acteurs du développement local, en
même temps qu'une série de mesures à caractère
national directement destinées aux créateurs d'entreprises.
La proposition
de loi propose, en 23 articles, structurés en 4 titres, 18
mesures concrètes pour la création et le développement
des entreprises sur les territoires.
A.
Le développement économique des zones fragiles
Depuis
la loi d'aménagement du territoire du 4 février 1995
et le Pacte de relance pour la ville de 1996, qui ont suscité
un immense espoir, le développement économique des
territoires fragiles n'a pas été -et c'est un euphémisme-
au rang des priorités nationales.
Or, les
initiatives se heurtent, parfois, à l'absence de financements
appropriés et, souvent, à l'inadaptation des textes,
qui mettent le " développeur " public local dans une inconfortable
" zone grise " juridique. Cette proposition de loi vise à
donner aux acteurs publics de terrain les moyens légaux pour
fédérer les initiatives de tous les partenaires locaux
pour l'accompagnement humain, juridique et financier du créateur,
ainsi que pour faire émerger les capitaux, notamment en phase
d'"amorçage" qui accompagnent le porteur de projet dès
l'origine.
Plusieurs
outils sont proposés :
- des fonds
communs de placement de proximité (articles 1 et 2) pour
développer les fonds propres des entreprises à partir
de l'épargne de proximité, dans les zones où
elle peut faire défaut (zones peu denses ou zones urbaines
sensibles) en assurant une mutualisation des risques et un professionnalisme
dans la sélection des projets ;
- - une
généralisation des " incubateurs " et des fonds
" d'amorçage " (articles 3 et 4) qui s'accompagne d'une
sécurisation de l'intervention des collectivités locales
dans ces structures. Les " incubateurs ", sorte de " couveuses "
des créateurs d'entreprise, offrent un accompagnement professionnel
pour tous les aspects de la création : expertise en matière
de développement, d'industrialisation, de production ; expertise
juridique en propriété intellectuelle, droit des sociétés,
droit fiscal, droit social ; expertise financière avec l'aide
à l'élaboration du plan d'affaires (" business plan
") et la recherche de partenaires financiers ; analyse de marché.
Les fonds d'amorçage remédient, quant à eux,
à une des principales faiblesses du système français
: le financement du " pré-démarrage " ;
- une incitation
à la mise en réseau des entreprises (article 5)
pour développer la solidarité territoriale ;
- une consécration
de l'aide que les collectivités apportent -en marge de
la loi pour l'instant- aux organismes distribuant des prêts
d'honneur, ou des avances remboursables -comme par exemple les plates-formes
d'initiative locale- organismes d'accompagnement avant tout, qui
ont montré leur efficacité en matière de création
d'entreprises (article 6) ;
- une incitation
à la transmission anticipée des entreprises dans
les zones privilégiées d'aménagement du territoire
(article 7) où le maintien de l'activité est essentiel.
B.
Le financement de la création et du développement
d'entreprise
Pour un
créateur, comme cela vient d'être relevé, ce
sont bien souvent les premières dizaines de milliers de francs
qui sont les plus difficiles à mobiliser. Mais il ne saurait
être question d'imaginer qu'une seule et unique mesure puisse
couvrir l'ensemble des besoins en matière de financement.
Aussi la proposition de loi propose-t-elle une palette cohérente
et variée de possibilités de financement :
- une avance
aux créateurs d'entreprise (article 8), remboursable
en cinq ans, dont l'attribution serait subordonnée à
la viabilité économique du projet, à l'obtention
d'un financement complémentaire et, le cas échéant,
à l'engagement du bénéficiaire à suivre
un accompagnement personnalisé ;
- une mesure
incitative à l'apport de fonds propres aux jeunes entreprises
par les " investisseurs providentiels ", qui apportent, outre
un financement, un accompagnement fondé sur l'expérience
et la proximité (article 9) ;
- un avantage
fiscal pour les personnes physiques qui accordent des prêts
aux entreprises individuelles (article 10). L'argent des proches
-le " love money " en langue anglaise- constitue en effet la première
source de financement de la création. Mais cette prise de
risque de la famille et des amis ne confère, pour l'instant,
d'avantage fiscal que dans le cas de la création d'une société
et non d'une entreprise individuelle ;
- des allégements
de la taxation des bénéfices des PME incorporés
en vue d'un investissement et de celle des plus values des stocks-options
(articles 11 à 13 de la proposition de loi), qui ne figurent
toutefois plus, malgré leur pertinence, dans les conclusions
de la commission, le Sénat ayant adopté, depuis le
dépôt de la proposition de loi, des mesures législatives
remplissant l'objectif de l'article 13 et votre commission souhaitant,
pour les articles 11 et 12, un allégement plus général
de la fiscalité sur les entreprises.
C.
Le statut du créateur d'entreprise
Plusieurs
pistes sont proposées par la proposition de loi : la dissociation
du patrimoine personnel du patrimoine professionnel de l'entrepreneur
(articles 14 et 15), l'unicité du patrimoine de l'entrepreneur
individuel étant une source majeure d'insécurité,
à l'origine de nombreuses difficultés des entreprises
individuelles ; l'octroi aux salariés qui démissionnent
pour créer leur entreprise des allocations chômage
(article 16) ; l'instauration d'un temps partiel pour création
d'entreprise (article 17).
Ces propositions,
qui " dédramatisent " l'acte de création d'entreprise
et facilitent le passage du statut de salarié au statut d'entrepreneur,
figurent dans les conclusions de votre commission, à l'exception
des articles 14 et 15, dont l'adoption nécessiterait une
réflexion plus approfondie justifiant une proposition de
loi à eux seuls.
D.
La mobilisation des acteurs publics pour les PME
Bien souvent,
la multiplicité et le manque de coordination des structures
publiques de soutien aux petites et moyennes entreprises nuisent
à l'efficacité de leur action. Désarmées
face à la complexité des démarches et formulaires
administratifs, les petites entreprises ont, en outre, des difficultés
d'accès à la commande publique. Aussi, l'action des
pouvoirs publics n'est-elle perçue, en définitive,
que comme une contrainte.
Pour rétablir
la confiance entre les entrepreneurs et la sphère publique,
et pour mobiliser les acteurs institutionnels autour de l'enjeu
de la création d'entreprise -et donc d'emplois-, la proposition
de loi vise à instaurer, au sein de l'administration, une
force de proposition pour accroître la simplicité et
l'efficience de l'action publique (articles 18 et 19) en même
temps qu'elle propose de faciliter l'accès des PME aux marchés
publics, via l'institution d'une " préférence PME
" (article 20), un allotissement généralisé
des marchés publics (article 21) et l'instauration d'un délai
de paiement certain de ces marchés (article 22).Ces dispositions
figurent dans les conclusions de votre commission, à l'exception
de l'article 19, votre commission, soucieuse de ne pas alourdir
le paysage administratif français, souhaitant renforcer le
Conseil national de la création d'entreprise plutôt
que de créer une nouvelle agence administrative.
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|
|
Le
sondage: les Français et la création d'entreprise
"13 millions
de Français souhaitent créer une entreprise au cours
de leur carrière professionnelle ". (sondage IFOP-Salon des
Entrepreneurs, janvier 2000)
- 29 % des sondés et jusqu’à 34 % parmi les salariés
du secteur privé, déclarent avoir envie de créer
une
entreprise.
- 24 % d’entre eux déclarent vouloir le faire dans les deux
prochaines années, soit 3 millions de créateurs.
- 61 % des 18 – 24 ans sont candidats à la création
d’une entreprise.
Mais : deux
tiers des personnes interrogées estiment que créer
son entreprise reste "plus difficile à faire" qu'il
y a quelques années.
Télécharger
l'étude
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Pour
en savoir plus
|
|
|
A lire
"La
solution serait de collecter 1 % de l'épargne française"
par François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création
d'entreprise. La Tribune, le 24 janvier 2000
L'épargne
volontaire pour financer de nouvelles entreprises
par François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création
d'entreprise, La Tribune, le 17 mai 1999
«L'aide
à la création d'entreprise doit être rétablie»
Interview, Maria Nowak, Le Point, 24 mars 2000
Création
d'entreprise : un nouvel élan plutôt qu'un nouveau statut, par
Michel Franck, Les Echos, lundi 10 avril 2000.
Ancienne
économie : l'éternel parcours du combattant,
Le Monde, mercredi 12 avril 2000
Nouvelle
économie : la création à très grande vitesse,
Le Monde, mercredi 12 avril 2000
Etats
généraux de la création d'entreprises : pour quoi faire ?
Les inquiétudes sur les causes du déclin enregistré depuis dix ans
demeurent justifiées, même si l'année 1999 a été marquée par une
très légère amélioration. Le Monde, lundi 10 avril 2000
Trouver
des appuis pour créer une entreprise,
La Tribune, 24 janvier 2000. Les structures d'accompagnement
figurent parmi les vecteurs les plus sûrs de la création réussie.
|
|
Les
sites utiles
Agence
Pour la Création d’Entreprise
De nombreuses sources d'information et des services
en ligne pour les créateurs d'entreprise : documents à télécharger,
forum, carnet d'adresses… La Cinquième propose des dossiers
sur la création d'entreprise en partenariat avec l'APCE : bâtir
un projet personnel, choisir
le statut juridique, dialoguer
avec un banquier...
CANAM
A consulter : le guide "Objectif entreprise" de la
Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Professions Indépendantes,
qui se veut une véritable aide à la décision pour le créateur d’entreprise.
Innovation
2000
Site internet qui met en contact ceux qui ont des
projets avec ceux qui peuvent les aider.
Business
solo
Version électronique du journal des indépendants
: une information économique, un résumé de l'actualité et un carrefour
d'échanges.
Association pour le
droit à l’initiative économique (ADIE)
S'adresse aux chômeurs, rmistes qui veulent créer
leur entreprise et qui n'ont pas accès au prêt bancaire.
Réseau
Entreprendre :
14 associations de chefs d'entreprise se mettent
au service du futur patron de PME/PMI.
La
Bourse des Initiatives :
Ce site, animé par la revue Initiatives Magazines,
rapproche les créateurs d'activité de tous ceux qui leur proposent
ou leur demandent un service : reprise d'entreprise, location de
bureau.
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