Création d'entreprise, un plan baclé

La liberté d’entreprendre, trop souvent un mot, trop peu une réalité

Une singularité préoccupante

Les obstacles à la création d'entreprise

Les chiffres de la création d'entreprise

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Pourquoi ne pas créer…une entreprise ?
Emission « Rue des Entrepreneurs », France Inter
François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création d'entreprise revient sur les idées reçues à propos de la création d'entreprise en France.
(France Inter, le 11 avril 2000)
Grande-Bretagne : créer son entreprise (Reportage TF1, 11 avril 2000)

 

Lionel Jospin découvre l'importance de la création d'entreprises. Fort bien. Mais alors que l'on attendait des propositions fortes et ambitieuses pour relancer la création d'entreprises dans notre pays, nous avons eu droit à l'annonce de quelques mesures dérisoires loin d'être à la hauteur de l'enjeu.


La réaction d'Alain Madelin

La réaction de François Goulard

Ce que les libéraux proposent

L'esprit d'entreprise souffle sur la France,
par Alain Madelin, Les Echos, 27 janvier 2000

Il faut un statut probatoire social et fiscal du créateur
par Jean-Pierre Raffarin, Les Echos, 11 avril 2000

La création, seule voie de progrès
par Jean-Pierre Raffarin, Le Figaro, 30 mars 2000

Proposition de loi de M. Jean-Pierre RAFFARIN tendant à favoriser la création et le développement des entreprises sur les territoires. C'est une "boîte à outils pour la fertilité économique des territoires".




387 000 créations d'entreprise en Allemagne, 300 000 en Italie, et... 166 000 en France en 1998.

360 000 règlements, 8 000 lois, 100 000 décrets, 2 005 mesures d'aides, 1 400 organismes chargés de les administrer.

Il faut trois semaines en France pour créer une entreprise contre deux heures au Royaume-Uni.

Les Français désireux de créer leur entreprise doivent débourser en moyenne 3 400 euros soit... sept fois plus qu'aux Etats-Unis !
Source : UNICE les inégalités face à la création d'entreprises en Europe.

 

La liberté d’entreprendre, trop souvent un mot, trop peu une réalité

La « liberté d’entreprendre » en France n’est qu’une liberté formelle. Elle n’y est pas défendue comme aux Etats-Unis, où les porteurs de projets n’ayant pas accès aux systèmes « classiques » de financement se voient proposer des programmes spécifiques de prêt et capital-risque mis en œuvre ou garantis par l’Etat fédéral.

Plusieurs constats nous renseignent sur cette réalité :

-  2/3 des créateurs d’entreprises sont issus d’un milieu familial d’entrepreneurs.

-  L’accès à l’accueil, l’orientation et l’accompagnement de la création d’entreprises, l’accès à l’information n’est pas le même pour tous, le maillage du territoire est incertain. La combinaison de ces facteurs rend aléatoire la qualité du service rendu au créateur potentiel.

-  En France, celui ou celle qui prend le risque de créer est pénalisé sur le plan de la couverture sociale.

-  L’accès au financement pénalise particulièrement les « petits » porteurs de projet. Cette inégalité d’accès au financement de la création d’entreprises, due à l’insuffisance de fonds propres ou de quasi fonds propres, est l’un des principaux obstacles à la diffusion de l’esprit d’entreprise et l’élargissement de la base sociale des créateurs.

 

Une singularité préoccupante

Les exemples étrangers, et en particulier celui des Etats-Unis, montrent combien la créativité et l'innovation sont au cœur du processus de croissance.
La création aux Etats-Unis est passée de 500 000 entreprises au début des années 1990 à 1 million d'entreprises en 1997. Dans le même temps, les Etats-Unis ont connu une phase de croissance sans précédent.
De ce point de vue, la situation française est tout à fait préoccupante. Rapporté à la population active, le nombre d'entreprises françaises serait de 3,4 millions et non de 2,3 millions si notre pays avait la même densité entrepreneuriale que la Grande Bretagne. Comparée aux Etats-Unis, la France accuse un retard plus important encore puisqu'en appliquant à notre pays le ratio américain, le nombre d'entreprises françaises devrait s'élever à 4,2 millions.
Cette singularité française se traduit également dans la perception qu'ont les Français de la création d'entreprise. Une récente enquête menée par Gallup et la Sofres pour le compte de la Chambre de Commerce de Paris dans 15 pays de l'Union européenne situe la France parmi les pays où la difficulté de la création d'entreprises est perçue comme plus élevée que dans la plupart des autres pays de l'Union.

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Les chiffres de la création d'entreprise

La création d'entreprises a concerné 532 672 emplois en 1999.

 
Année
Créations
Réactivation
Reprise
Total
1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

204 344

195 223

178 767

172 696

170 993

183 822

178 989

171 686

167 829

166 190

48 294

51 383

49 485

51 993

54 407

60 700

59 390

57 611

57 866

55 776

55 141

54 921

50 724

49 953

48 117

49 663

46 537

46 034

46 424

44 480

307 779

301 627

278 976

274 642

273 517

294 185

284 916

275 331

272 119

266 446


Répartition des créations d'emplois crées en 1999

 

 
Créations ex-nihilo
Réactivations
Reprises
Total
Nombre d’emplois
293 117
77 644
161 911
532 672
En %
55
14.5
30.5
100


Le nombre moyen d'emplois par structure


 
Créations ex-nihilo
Réactivations
Reprises
Total
Nombre moyen d’emplois
1,7
1,4
3,7
2,0


Nombre des créations d’entreprises par tranche d’effectifs salariés et par origine de création

 
Créations ex-nihilo
Réactivations
Reprises
Total
0 salarié
136 343
47 878
20 925
205 146
1 à 2 salariés
24 473
6 221
12 415
43 109
3 à 5 salariés
4 999
1 236
5 570
11 805
6 à 9 salariés
1 140
304
1 924
3 368
10 salariés et plus
1 724
158
1 510
3 392
Effectif inconnu
995
288
816
2 099
Total
169 674
56 085
43 160
268 919

 Source INSEE – Méthodologie APCE 

Les créations d’entreprises par grands secteurs d’activité

 

Commerce

Services aux entreprises
Services aux ménages
 

Construction

Hôtel, café, restaurant
 

Industrie

 

Transports

 

IAA

 

Total

76 786
54278
41 487
34 935
30 951
14 940
8 902
6 640
268 919

 

La pérénité des entreprises

Selon une récente étude de l'Insee, sur 87.000 nouvelles entreprises créées ou reprises au cours du 1er semestre 1994, seules 51.000, soit 59%, étaient encore en activité trois ans plus tard.
Plus les moyens financiers consacrés au lancement du projet sont importants, plus les risques de mortalité sont faibles, selon l'Institut des statistiques. C'est un des premiers critères qui assure la longévité d'une entreprise. 80% de ceux qui ont investi au moins 50.000 francs ont survécu au-delà de trois ans.

Pourquoi ne pas créer…une entreprise ?
Emission « Rue des Entrepreneurs », France Inter.
Extrait : Thierry Millon, chargé des études à Dun et Bradstreet
(spécialiste du renseignement commercial)
analyse les défaillances d’entreprises de l’année passée.

 

 

 


Combien ça coûte ?


"Les coûts directs (droits payés aux autorités chargées de l'enregistrement) et indirects (honoraires payés aux juristes, etc.) pour la création d'une SARL (ou EURL) étaient compris en 1997 dans une fourchette allant de 1 900 à 4 600 euros, à laquelle s'ajoute l'obligation de capital social minimum (environ 6 000 euros). Ces mêmes coûts étaient compris entre 200 et 800 euros aux Etats-Unis et s'élevaient à 420 euros au Royaume-Uni. L'obligation de capital social minimum, d'un faible montant au Royaume-Uni, n'existe pas outre-Atlantique". Extrait de Le Monde, 10/04/2000.

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Les obstacles à la création d'entreprise

Les obstacles à la création d'entreprise en France font régulièrement l'objet d'analyses approfondies et de nombreux rapports d'information à l'adresse des pouvoirs publics, sans que, depuis la loi relative à l'initiative et à l'entreprise individuelle en 1994 et le "
Plan PME pour la France ", en 1995, de véritable politique en faveur de la jeune entreprise n'ait été réellement engagée.

La majorité de ces analyses convergent pour souligner l'importance de quatre séries d'obstacles : les difficultés d'accès au financement ; la précarité du statut de créateur d'entreprise ; les carences des dispositifs de soutien à la création d'entreprise ;
l'absence de " réflexe PME " des politiques publiques.
 

1. Les difficultés d'accès au financement

La très grande majorité des projets de création d'entreprise sont de petits projets qui, paradoxalement, éprouvent plus de difficultés à accéder au financement que les projets plus conséquents.

Ainsi, sur les 166.000 créations en 1997, environ 130.000 ont nécessité moins de 36.000 francs d'investissement de démarrage. Or, parmi ces créations, seules 22 % ont bénéficié d'un concours bancaire.

  Plus le projet est petit, plus l'accès au crédit bancaire est difficile : ainsi les créateurs apportant moins de 25.000 francs de capital représentent 35 % de l'ensemble des créateurs, mais seulement 8 % d'entre eux obtiennent un financement bancaire. Par ailleurs, les données disponibles en matière de capital-risque montrent, malgré la très vive croissance, ces dernières années, des financements drainés par cette activité, l'amorçage -c'est-à-dire le démarrage- n'en représente encore qu'une fraction infinitésimale (de l'ordre de 1% des opérations en 1998).

Autrement dit, il existe un besoin de micro-financement qu'aujourd'hui le marché ne satisfait pas. Il est plus difficile à un créateur de trouver les premières dizaines de milliers de francs qu'à une entreprise technologique cotée en bourse de lever des millions d'euros.

2. La précarité du statut du créateur d'entreprise.

La création d'entreprise est, par définition, une activité à risque. A la perte du statut de salarié, aux difficultés liées à la constitution et au démarrage d'une entreprise, s'ajoutent pour la création d'entreprise un risque financier et patrimonial qu'aucun filet de sécurité ne vient atténuer.

A tel point que la création d'entreprise est presque devenue un mythe, comme le soulignait récemment notre collègue Jean-Pierre Raffarin : " la création d'entreprise a été présentée comme une activité d'exception, particulièrement difficile, comme un parcours hérissé d'obstacles infranchissables, exigeant de celui qui voulait s'y lancer des mérites extraordinaires. Pour atteindre au statut de créateur, il fallait passer par toutes les affres de la complexité. Ainsi, petit à petit, on a installé dans la tête des jeunes l'idée que la création d'entreprise était quelque chose de surhumain. Ce siècle a donc préféré les grandes structures, le gigantisme, la concentration. Il a préféré les grandes métropoles, et les cadres employés par les grandes sociétés ont pris le pas sur les petits entrepreneurs. Au fond, il ne faut pas s'étonner si, aujourd'hui, dans notre pays, on attend d'avoir quarante ans pour créer son entreprise. "

Au-delà des aspects psychologiques, la prise de risque, bien réelle, semble en effet disproportionnée. Mais elle peut être atténuée selon que le système social et réglementaire limite ou non la précarité du statut de créateur, et favorise ou non le passage du statut de salarié à celui d'entrepreneur. Or, de ce point de vue, le système juridique français se caractérise encore par un fort cloisonnement et par une pénalisation excessive du chef d'entreprise en cas d'échec.
 
 

Cette rigidité française est d'autant plus préoccupante qu'elle empêche notre société de tirer les pleins bénéfices de la " nouvelle économie ", liée notamment aux nouvelles technologies, qui fait fleurir, dans les économies occidentales, une profusion de très
petites entreprises et qui " tire " la croissance et l'emploi. L'absence de passerelle entre différents statuts prépare mal l'économie française à un avenir où, comme le souligne le rapport Boissonnat au nom du Commissariat général du plan, sur le sujet du travail dans vingt ans, " Dans l'avenir, il deviendra naturel de passer d'un statut de salarié à un statut d'entrepreneur pour revenir éventuellement au statut de salarié ".

3. Les carences des dispositifs de soutien à la création d'entreprise

Le foisonnement des dispositifs et la multiplicité des initiatives mises en place depuis de nombreuses années par les pouvoirs publics n'ont pas permis d'enrayer la diminution du nombre de créations d'entreprises en France.

Les différentes évaluations de ces dispositifs soulignent, en effet, de façon convergente, l'excessive concentration des aides, les carences de l'accompagnement des créateurs et leur manque de coordination et de lisibilité.

Le Conseil national de la création d'entreprise estime qu'environ 3.000 structures interviennent d'une façon ou d'une autre dans le soutien à la création d'entreprise. Le   nombre de dispositifs proposés aux créateurs s'élève à plus d'une centaine. L'ensemble de ces aides bénéficie cependant à un nombre restreint d'entreprises. Une étude du Commissariat au Plan sur la création d'entreprise observe ainsi que " les très nombreuses décisions qui ont été prises dans le cadre de diverses logiques concernent en fait un petit nombre d'entreprises. Les créations de très petites entreprises sont peu aidées.

Ce phénomène s'est, en outre, accentué ces dernières années avec la multiplication des dispositifs en faveur de la création d'entreprises innovantes. Comme le note un rapport récent du Conseil national du crédit : " Les mesures prises, à l'exception
d'initiatives mises en place par la SOFARIS, ont été surtout consacrées aux PMI innovantes et beaucoup moins aux PME plus traditionnelles ou appartenant à d'autres secteurs (comme les services ou les BTP), alors que les besoins en fonds propres de
ces dernières, tels que les expriment leurs dirigeants, sont plus importants. La mise à niveau en ce qui concerne le financement des entreprises innovantes ayant été réalisée pour l'essentiel, une réorientation en ce sens paraît nécessaire.

Cette spécialisation des aides conduit notamment à délaisser les projets de création de très petites entreprises dans les secteurs d'activité traditionnels.

Cette excessive concentration s'accompagne d'une certaine carence dans l'accompagnement de la création d'entreprise.

Quelle qu'en soit la forme, l'accompagnement par des professionnels d'un projet de création d'entreprise est un facteur déterminant de la pérennité de l'entreprise créée.
Or, comme le souligne le rapport du député Eric Besson sur la création d'entreprise, " on estime qu'environ un entrepreneur sur dix seulement est accompagné pendant sa phase de création. Estimation corroborée par la faible somme des prêts accordés
(10.000 par an environ) par les principaux réseaux d'appui à la création d'entreprise. On est loin de l'objectif de " 40 % d'entrepreneurs réellement accompagnés " que fixait le Commissariat général au Plan dans son rapport de 1996)

Les dispositifs d'accompagnement à la création d'entreprise souffrent, par ailleurs, de l'absence de prise en compte par la loi de leur existence.

Ainsi, les collectivités territoriales, afin de promouvoir la création d'entreprise sur leur territoire, ont souhaité mettre en place des incubateurs, des fonds d'amorçage ou subventionner des organismes d'accompagnement de la création d'entreprise tels que les plates-formes d'initiatives locales. Or, en l'absence de dispositions du code des collectivités territoriales les y autorisant, ces initiatives ne bénéficient que de conditions juridiques précaires, peu propices à leur développement.

4. L'absence de " réflexe PME " des politiques publiques

L'absence de prise en compte des enjeux de la création d'entreprise dans l'ensemble des politiques publiques est également à l'origine de la complexité et de la lourdeur de la réglementation et des procédures administratives.

Malgré les mesures successives de simplification administrative, la création d'entreprise apparaît encore comme un " parcours du combattant ". Chaque administration poursuit sa propre logique, multiplie des formalités qui constituent une véritable source de découragement pour les petites entreprises.

Le droit des marchés publics est, à cet égard, emblématique, d'une part, de la complexité des procédures administratives et, d'autre part, de la faible prise en compte des besoins des PME par l'ensemble des acteurs publics.

Disposant de moyens plus limités pour accéder à l'information sur les besoins des acheteurs, pour suivre les différentes phases de la procédure de passation des marchés et pour maîtriser les contraintes d'une procédure par ailleurs trop complexe, les PME accèdent peu aux marchés publics, et le plus souvent en tant que sous-traitantes, dans des conditions peu satisfaisantes.

Alors que les pouvoirs publics s'efforcent de soutenir le développement des PME, il est paradoxal de constater qu'ils n'utilisent guère, dans cet objectif, l'achat public, qui pourrait pourtant se révéler être un instrument efficace, comme le montre l'exemple américain.

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Proposition de loi de Jean-Pierre RAFFARIN
tendant à favoriser la création et le développement des entreprises sur les territoires

Une "boîte à outils" pour la fertilité économique des territoires

 

Afin de favoriser la création et le développement d'entreprise dans une optique d'aménagement du territoire, le Sénat a constitué, en juin 1998, un groupe de travail " Nouvelles entreprises et territoires ", composé de 36 sénateurs, sous la présidence de Jean-Pierre Raffarin, qui a rédigé la proposition de loi. 

La proposition de loi issue de ces travaux veut offrir une véritable " boîte à outils " aux acteurs du développement local, en même temps qu'une série de mesures à caractère national directement destinées aux créateurs d'entreprises. 

La proposition de loi propose, en 23 articles, structurés en 4 titres, 18 mesures concrètes pour la création et le développement des entreprises sur les territoires. 
 

A. Le développement économique des zones fragiles

Depuis la loi d'aménagement du territoire du 4 février 1995 et le Pacte de relance pour la ville de 1996, qui ont suscité un immense espoir, le développement économique des territoires fragiles n'a pas été -et c'est un euphémisme- au rang des priorités nationales. 

Or, les initiatives se heurtent, parfois, à l'absence de financements appropriés et, souvent, à l'inadaptation des textes, qui mettent le " développeur " public local dans une inconfortable " zone grise " juridique. Cette proposition de loi vise à donner aux acteurs publics de terrain les moyens légaux pour fédérer les initiatives de tous les partenaires locaux pour l'accompagnement humain, juridique et financier du créateur, ainsi que pour faire émerger les capitaux, notamment en phase d'"amorçage" qui accompagnent le porteur de projet dès l'origine. 
 

Plusieurs outils sont proposés : 

- des fonds communs de placement de proximité (articles 1 et 2) pour développer les fonds propres des entreprises à partir de l'épargne de proximité, dans les zones où elle peut faire défaut (zones peu denses ou zones urbaines sensibles) en assurant une mutualisation des risques et un professionnalisme dans la sélection des projets ; 

- - une généralisation des " incubateurs " et des fonds " d'amorçage " (articles 3 et 4) qui s'accompagne d'une sécurisation de l'intervention des collectivités locales dans ces structures. Les " incubateurs ", sorte de " couveuses " des créateurs d'entreprise, offrent un accompagnement professionnel pour tous les aspects de la création : expertise en matière de développement, d'industrialisation, de production ; expertise juridique en propriété intellectuelle, droit des sociétés, droit fiscal, droit social ; expertise financière avec l'aide à l'élaboration du plan d'affaires (" business plan ") et la recherche de partenaires financiers ; analyse de marché. Les fonds d'amorçage remédient, quant à eux, à une des principales faiblesses du système français : le financement du " pré-démarrage " ; 

- une incitation à la mise en réseau des entreprises (article 5) pour développer la solidarité territoriale ; 

- une consécration de l'aide que les collectivités apportent -en marge de la loi pour l'instant- aux organismes distribuant des prêts d'honneur, ou des avances remboursables -comme par exemple les plates-formes d'initiative locale- organismes d'accompagnement avant tout, qui ont montré leur efficacité en matière de création d'entreprises (article 6) ; 

- une incitation à la transmission anticipée des entreprises dans les zones privilégiées d'aménagement du territoire (article 7) où le maintien de l'activité est essentiel.

B. Le financement de la création et du développement d'entreprise

Pour un créateur, comme cela vient d'être relevé, ce sont bien souvent les premières dizaines de milliers de francs qui sont les plus difficiles à mobiliser. Mais il ne saurait être question d'imaginer qu'une seule et unique mesure puisse couvrir l'ensemble des besoins en matière de financement. Aussi la proposition de loi propose-t-elle une palette cohérente et variée de possibilités de financement : 

- une avance aux créateurs d'entreprise (article 8), remboursable en cinq ans, dont l'attribution serait subordonnée à la viabilité économique du projet, à l'obtention d'un financement complémentaire et, le cas échéant, à l'engagement du bénéficiaire à suivre un accompagnement personnalisé ; 

- une mesure incitative à l'apport de fonds propres aux jeunes entreprises par les " investisseurs providentiels ", qui apportent, outre un financement, un accompagnement fondé sur l'expérience et la proximité (article 9) ;

- un avantage fiscal pour les personnes physiques qui accordent des prêts aux entreprises individuelles (article 10). L'argent des proches -le " love money " en langue anglaise- constitue en effet la première source de financement de la création. Mais cette prise de risque de la famille et des amis ne confère, pour l'instant, d'avantage fiscal que dans le cas de la création d'une société et non d'une entreprise individuelle ; 

- des allégements de la taxation des bénéfices des PME incorporés en vue d'un investissement et de celle des plus values des stocks-options (articles 11 à 13 de la proposition de loi), qui ne figurent toutefois plus, malgré leur pertinence, dans les conclusions de la commission, le Sénat ayant adopté, depuis le dépôt de la proposition de loi, des mesures législatives remplissant l'objectif de l'article 13 et votre commission souhaitant, pour les articles 11 et 12, un allégement plus général de la fiscalité sur les entreprises.


C. Le statut du créateur d'entreprise

Plusieurs pistes sont proposées par la proposition de loi : la dissociation du patrimoine personnel du patrimoine professionnel de l'entrepreneur (articles 14 et 15), l'unicité du patrimoine de l'entrepreneur individuel étant une source majeure d'insécurité, à l'origine de nombreuses difficultés des entreprises individuelles ; l'octroi aux salariés qui démissionnent pour créer leur entreprise des allocations chômage (article 16) ; l'instauration d'un temps partiel pour création d'entreprise (article 17). 

Ces propositions, qui " dédramatisent " l'acte de création d'entreprise et facilitent le passage du statut de salarié au statut d'entrepreneur, figurent dans les conclusions de votre commission, à l'exception des articles 14 et 15, dont l'adoption nécessiterait une réflexion plus approfondie justifiant une proposition de loi à eux seuls.


D. La mobilisation des acteurs publics pour les PME

Bien souvent, la multiplicité et le manque de coordination des structures publiques de soutien aux petites et moyennes entreprises nuisent à l'efficacité de leur action. Désarmées face à la complexité des démarches et formulaires administratifs, les petites entreprises ont, en outre, des difficultés d'accès à la commande publique. Aussi, l'action des pouvoirs publics n'est-elle perçue, en définitive, que comme une contrainte. 

Pour rétablir la confiance entre les entrepreneurs et la sphère publique, et pour mobiliser les acteurs institutionnels autour de l'enjeu de la création d'entreprise -et donc d'emplois-, la proposition de loi vise à instaurer, au sein de l'administration, une force de proposition pour accroître la simplicité et l'efficience de l'action publique (articles 18 et 19) en même temps qu'elle propose de faciliter l'accès des PME aux marchés publics, via l'institution d'une " préférence PME " (article 20), un allotissement généralisé des marchés publics (article 21) et l'instauration d'un délai de paiement certain de ces marchés (article 22).Ces dispositions figurent dans les conclusions de votre commission, à l'exception de l'article 19, votre commission, soucieuse de ne pas alourdir le paysage administratif français, souhaitant renforcer le Conseil national de la création d'entreprise plutôt que de créer une nouvelle agence administrative. 

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Le sondage: les Français et la création d'entreprise

 "13 millions de Français souhaitent créer une entreprise au cours de leur carrière professionnelle ". (sondage IFOP-Salon des Entrepreneurs, janvier 2000)
- 29 % des sondés et jusqu’à 34 % parmi les salariés du secteur privé, déclarent avoir envie de créer une

     entreprise.

- 24 % d’entre eux déclarent vouloir le faire dans les deux prochaines années, soit 3 millions de créateurs.

- 61 % des 18 – 24 ans sont candidats à la création d’une entreprise.

Mais : deux tiers des personnes interrogées estiment que créer son entreprise reste "plus difficile à faire" qu'il y a quelques années.

Télécharger l'étude

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Pour en savoir plus

 

A lire

"La solution serait de collecter 1 % de l'épargne française"
par François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création d'entreprise. La Tribune, le 24 janvier 2000

L'épargne volontaire pour financer de nouvelles entreprises
par François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création d'entreprise, La Tribune, le 17 mai 1999

«L'aide à la création d'entreprise doit être rétablie»
Interview, Maria Nowak, Le Point, 24 mars 2000

Création d'entreprise : un nouvel élan plutôt qu'un nouveau statut, par Michel Franck, Les Echos, lundi 10 avril 2000.

Ancienne économie : l'éternel parcours du combattant,
Le Monde,
mercredi 12 avril 2000

Nouvelle économie : la création à très grande vitesse,
Le Monde,
mercredi 12 avril 2000


Etats généraux de la création d'entreprises : pour quoi faire ?
Les inquiétudes sur les causes du déclin enregistré depuis dix ans demeurent justifiées, même si l'année 1999 a été marquée par une très légère amélioration. Le Monde, lundi 10 avril 2000

Trouver des appuis pour créer une entreprise,
La Tribune
, 24 janvier 2000. Les structures d'accompagnement figurent parmi les vecteurs les plus sûrs de la création réussie.

Les sites utiles

Agence Pour la Création d’Entreprise
De nombreuses sources d'information et des services en ligne pour les créateurs d'entreprise : documents à télécharger, forum, carnet d'adresses… La Cinquième propose des dossiers sur la création d'entreprise en partenariat avec l'APCE : bâtir un projet personnel, choisir le statut juridique, dialoguer avec un banquier...

CANAM
A consulter : le guide "Objectif entreprise" de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Professions Indépendantes, qui se veut une véritable aide à la décision pour le créateur d’entreprise.

Innovation 2000
Site internet qui met en contact ceux qui ont des projets avec ceux qui peuvent les aider.

Business solo
Version électronique du journal des indépendants : une information économique, un résumé de l'actualité et un carrefour d'échanges.

Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE)
S'adresse aux chômeurs, rmistes qui veulent créer leur entreprise et qui n'ont pas accès au prêt bancaire.

Réseau Entreprendre :
14 associations de chefs d'entreprise se mettent au service du futur patron de PME/PMI.

La Bourse des Initiatives :
Ce site, animé par la revue Initiatives Magazines, rapproche les créateurs d'activité de tous ceux qui leur proposent ou leur demandent un service : reprise d'entreprise, location de bureau.

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