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Le
big-bang des fonctionnaires italiens
Extraits, Le Figaro, 27 mars 2000
" En 1994, nous avons changé le statut de la poste italienne.
De monopole public à celui de Société par actions
( SPA ). Les fonctionnaires sont tous devenus salariés de
droit privé, nous avons massivement réduit les effectifs
et la réforme a été acceptée par tous.
" . Corrado Passera, administrateur délégué
à la direction de la poste italienne, s'en félicite.
A Paris, Gérard Larcher, vice-président du Sénat
et président du groupe d'études sur l'avenir de la
Poste et des télécommunications, est d'une tout autre
humeur : : " en France, la Poste est le seul opérateur
européen où les salariés sont encore à
100 % des fonctionnaires, et le passage à une SPA y paraît
pour le moment improbable. "
Pourquoi une
réforme " impossible " en France s'est-elle aussi
bien déroulée de l'autre côté des Alpes
? Il est vrai que le mouvement de libéralisation des grands
monopoles publics européens engagé par la Commission
au début des années 90 a de quoi effrayer les fonctionnaires.
Selon les pays ces salariés au satut protégé
vivent la transition de manière très variée.
Dans les pays idéologiquement attachés au libéralisme
comme la Grande-Bretagne où les Pays-Bas, le problème
a été occulté par l'adhésion massive
de l'opinion à la " modernisation " des services
publics privatisés - renforcée, il faut le dire par
une baisse rapide et attrayante des tarifs ...
Dans les pays
du Sud, les observateurs français ont été souvent
été surpris de voir avec quelle facilité l'ouverture
des grands monopoles publics a été négociée.
[...]
L'adhésion
des syndicats italiens à l'ouverture des grands monopoles
publics reflète une rélité plus profonde, que
décrit Patricia Toia, ministre des affaires européennes
" le satut même de fonctionnaires n'a pas la même
connotation en Italie que dans le reste de l'europe, car dans notre
pays, les avantages qui y sont associés sont bien moindres.
[...] la stratégie même de la modernisation des services
postaux s'est appuyée sur une revalorisation historique des
salariés de l'entreprise publique, que ce soit dans la définition
de leurs missions ou dans leur rémunération."
Alors qu'en
France, Après le Putsch syndiacla anti-libéralisation,
qui a valu sa place au patron d'Air France, Christian Blanc...ou
encore après la fronde cégétiste s'opposant
la semaine dernière au passage de Gaz de France au statut
de SPA, l'exemple de la modernisation des postes italiennes a de
quoi faire méditer les ministres de l'Emploi en Europe.
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