Prix du carburant : à quand la diminution des taxes ?
22 août 2000


Le prix du carburant ne cesse de progresser sans que le gouvernement ne semble s'en inquiéter réellement. Tout au plus, Laurent Fabius plaide pour des correctifs et cherche dans d'éventuelles ententes illicites la justification de l'envolée actuelle du prix à la pompe. Si de telles ententes étaient avérées il faudrait punir, comme vient de la faire le gouvernement italien, leurs auteurs mais le gouvernement en serait-il quitte pour autant ? Car après tout, les impôts et taxes représentent 70% du prix du litre d'essence acquis par les français à la pompe.

Or si on se penche un instant sur l'évolution des composantes du prix du litre d'essence, entre décembre 1998 et août 2000, on est surpris par certaines constatations. Certes, le prix d'acquisition du Brent (C'est à dire de la matière première même) est passé de 33 centimes à 1 franc et 68 centimes mais les autres composantes du prix hors taxes sont elles passées de 64 centimes à 52 centimes ! En revanche, la taxe sur les produits pétroliers (TIPP) est passée de 3 francs et 86 centimes à 3 francs et 87 centimes alors que la TVA progressait de 19 centimes pour atteindre 1 franc et 19 centimes.

Autant dire, que la hausse du prix de l'essence semble profiter, avant tout, aux pays producteurs mais aussi à l'Etat ! Dans ces conditions on voit mal quelles ententes illicites Laurent Fabius pourrait trouver alors que la part des distributeurs et raffineurs a diminué de 12 centimes. Le mécontentement de certaines professions (transporteurs routiers, marins pêcheurs) est parfaitement justifié et on ne comprend toujours pas pourquoi le gouvernement n'accepte pas une éventuelle diminution des taxes et impôts de nature à compenser la hausse due à la progression des cours.