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Recentrer l'Etat et le soumettre au droit "
Alain Madelin Les Echos 26 mars 2001 Le point de vue de Bastiat est celui du plus grand nombre, et surtout des petites gens. Bastiat se place parfois à droite, souvent à gauche - ce qu'il faut souligner. La concurrence et le libre-échange, à condition de les autoriser à fonctionner, sont les mécanismes féconds qui permettent de mettre l'énergie et les talents des plus capables (qui essaient d'échapper aux mécanismes concurrentiels) au service du plus grand nombre. C'est là le message social de Bastiat : il est le défenseur des consommateurs. Son actualité par rapport au problème de la création d'emplois est totale. Il démontre la fécondité du libre-échange du travail et l'effet destructeur exercé par tous les obstacles qui s'y opposent, tant au niveau national qu'international. C'est à mon sens la seule analyse moderne de l'emploi. Face aux prophètes de malheur qui annoncent la " fin du travail ", Bastiat porte un formidable message d'optimisme car il montre que tant qu'il existera des entrepreneurs et qu'on laissera fonctionner les mécanismes de libre-échange du travail, il y aura création permanente d'emplois. Fondamentalement, Bastiat nous rappelle que la pensée libérale, avant d'être une pensée économique, est aussi et surtout une pensée philosophique, juridique et politique de la libération de l'homme. Le libéralisme est une approche des relations humaines et politiques fondée sur la priorité de l'ordre juridique. C'est l'ordre juridique d'une société d'hommes libres, citoyens d'un Etat soumis au droit - ce qu'on appelle l'Etat de droit - qui est la source de la croissance, de la prospérité économique et de la promotion sociale. |