Vrai - faux

La politique socialiste de lutte contre le chômage porte ses fruits : FAUX
Le retour à la croissance va tout régler : FAUX
Les 35 heures créent des emplois : FAUX
Le chômage est une fatalité : FAUX
Le travail manque, il faut le partager : FAUX
La libéralisation des échanges détruit l'emploi : FAUX
Le progrès supprime des emplois : FAUX

Ce sont les pays qui libèrent l'initiative et l'entreprise qui gagnent le défi de l'emploi : VRAI
C'est l'entreprise qui crée les emplois durables : VRAI
Il faut dépoussiérer le droit du travail : VRAI


Réflexions - propositions des libéraux



La politique socialiste de lutte contre le chômage porte ses fruits
: FAUX


Le chômage vient de passer sous la barre des 10% de la population active. On ne peut que s’en réjouir.
Ceci ne doit rien à l'action du gouvernement mais résulte de la maitrise de nos déficits publics engagée en 1995 et de la baisse des taux d'intérêt nécessaire à la reprise de l'activité économique.
Force est aussi de constater que la politique du gouvernement apporte des rigidités de nature à ralentir l’efficacité la reprise.
Depuis trois ans, le taux de chômage a baissé de plus de 50% aux Pays-Bas, de 40% au Portugal, de 30% en Espagne... et de 20% en France.
Quels résultats la France pourrait-elle obtenir si une véritable politique libérale était appliquée ?
Si notre pays avait aligné sa performance sur celle des Pays-Bas (-2,7% contre -5,5% il y a trois ans) ou de l'Irlande (-2,1%), le taux de chômage serait aujourd'hui de 6,3%. S'il l'avait fait sur celle du Portugal, il serait de 8,3%.



Le retour à la croissance va tout régler : FAUX

La création d'emplois publics financés par l'impôt ou par le déficit, les emplois-jeunes, le partage du temps de travail par les 35 heures, sont autant de fausses solutions.

Nous ne ferons pas l'économie des réformes nécessaires.

Par ailleurs, c'est le plein-emploi qui crée la croissance et non l'inverse.
Exemple des Etats-Unis : les causes de la croissance sont structurelles et d'ailleurs sans surprises :
l'abondance des ressources naturelles à bon marché -agricoles, minières, énergétiques, espace géographique (même s'il n'est plus très à la mode d'évoquer ce facteur de production), l'innovation technologique et commerciale ; mais surtout la flexibilité des marchés et l'esprit d'entreprise :
la facilité de la création d'entreprises ;
la facilité avec laquelle les entrepreneurs créent des activités nouvelles, transforment les innovations technologiques en applications commerciales, embauchent et mobilisent leurs salariés, le poids global des charges obligatoires beaucoup moins élevé qu'en France ;
le périmètre plus restreint de l'État -encore diminué par la déréglementation- et la décentralisation de nombreuses missions publiques aux collectivités locales, dans le cadre du fédéralisme.


Le chômage est une fatalité : FAUX

On entend souvent soutenir que la concurrence et le libre-échange dans une économie mondialisée concourrent au chômage.
Mais on trouve de nombreux exemples de pays qui connaissent le plein emploi
: citons le Japon, les Etats-Unis qui n'ont globalement pas connu de tendance à l'augmentation du chômage depuis le début des années 80.
Pourquoi font-ils mieux que nous ? Le dossier DL

Ce sont les pays qui libèrent l'initiative et l'entreprise qui gagnent le défi de l'emploi : VRAI

La rigueur monétaire et budgétaire n'est pas tout : l'étouffement fiscal et monétariste de l'économie n'est pas le meilleur moyen de créer de l'activité. La libération des forces vives passe par
- la baisse des impôts et des charges obligatoires : en premier lieu celles qui pénalisent le travail, la création d'entreprises, - la mobilité, la récompense du talent et de l'effort ;
- le recentrage du périmètre de l'État sur ses fonctions essentielles, l'ouverture des marchés et de la compétition , la suppression des obstacles à l'initiative
- l'abrogation des monopoles et des protections corporatistes.

La macro-économie a échoué : nous avons besoin de micro-économie
Nous devons remplacer l'approche macroéconomique qui voit l'économie sous la forme de grands agrégats - comme la demande globale, l'investissement public, le déficit public- par l'approche micro-économique, qui est centrée sur les vraies sources de la production des richesses : l'entreprise, les technologies, les métiers et les compétences humaines.



Le travail manque, il faut le partager : FAUX
Le mot travail est ici mis à la place du mot emploi pour nous forcer à regarder la question d'un oeil neuf. Il faut bien sûr libérer la création d'emplois nouveaux, mais il faut aussi imaginer les nouvelles formes des emplois de demain qui seront très différentes de celles d'aujourd'hui. Il faut enfin dépasser l'idée même de l'emploi salarié traditionnel pour retrouver la notion de travail.
L'économie d'échanges est un circuit complexe et vivant de création de richesses et de commerce, où en permanence les initiatives d'entrepreneurs cherchent à satisfaire les besoins des consommateurs, en rassemblant les ressources de production que sont les hommes et leurs compétences, les technologies et les métiers, les capitaux et les matières.

Il n'est plus besoin de démontrer aujourd'hui que le partage du travail est une idée fausse en ce qui concerne la création d'emplois.
Le partage du travail entraîne des avantages de souplesse, mais dans ce cas ce sont les avantages de la souplesse et non pas du partage du travail qui sont en cause. Il entraîne un surcoût qu'il faut payer ; on le fait par un prélèvement de plus sur l'activité. Et ce ne sont pas des emplois en plus, c'est du chômage en plus. Pour légitimer cette politique, on propose de consacrer l'argent dépensé pour le chômage pour le consacrer au partage du travail. Pourquoi pas alors une année sabbatique tous les sept ans ? Pourquoi ne pas subventionner tous les emplois crées par les entreprises ? Pourquoi ne pas subventionner également les entreprises qui supprimeraient des machines ? Pourquoi ne pas utiliser l'argent du chômage pour créer des emplois publics ?
Arrêtons de dire qu'il faut partager l'emploi. Arrêtons de laisser croire qu'on peut régler le problème du chômage en travaillant moins ! Il faut multiplier les emplois nouveaux, et non partager les emplois existants.
Ne confondons pas non plus le partage du travail et le temps choisi. Car on peut choisir de travailler moins pour vivre plus. D'ailleurs derrière le temps choisi, il y a une nouvelle civilisation qui se dessine, celle du temps libéré.

Les fausses solutions : les emplois publics, les emplois jeunes, le partage du travail par les 35 heures

La libéralisation des échanges détruit l'emploi : FAUX

Non, la libéraliation des échanges ne détruit pas l'emploi
Selon le Conseil d’Analyse Economique, dans son rapport sur le cycle du millénaire, les effets de l’ouverture économique se traduisent globalement par un gain net en emplois.

c'est plutôt l'interventionnsime de l'Etat.

Aux sources du protectionnisme et de l'interventionnisme
Rigidités, protections indues, malthusianisme, corporatismes, professions fermées ou contingentées : ce n'est pas la première fois que notre pays fait le diagnostic juste des maux qui le frappent.
Le 13 novembre 1959, le général de Gaulle demandait à un comité d'experts réunis autour de Jacques Rueff et de Louis Armand de dresser un inventaire "des réformes de nature à mettre fin aux situations de fait ou de droit qui constituent d'une manière injustifiée un obstacle à l'expansion de l'économie". Le Comité remit son rapport au Premier Ministre, qui en était le président en titre, le 21 juillet 1960.
En 1958, l'économie française est encore protectionniste et frileuse, enfermée à l'abri de barrières douanières, enserré dans le filet dense de réglementations tatillonnes, soumise à la tutelle administrative des ministères et du secteur nationalisé. Les rigidités de l'économie française, que le rapport Rueff-Armand recensera d'une manière systématique, étaient bien réelles et indéfiniment dénoncées, consistaient en l'existence d'un réseau de protections et de multiples situations acquises qui les transformaient en privilèges.
Pour l'essentiel, ces protections résultaient :
- soit du protectionnisme commercial qui, sur un marché restreint comme celui de la France, avait favorisé la mise en place de réseaux d'ententes et avait permis à l'économie de retarder certaines évolutions qui auraient été nécessaires à son adaptation à la concurrence internationale et de s'engager au contraire dans des voies qui accentuaient sa désadaptation ,
- soit d'un protectionnisme interne qui favorisait les industries les moins compétitives et s'exerçait par le biais de statuts, d'accords, de subventions directes ou de faveurs fiscales mises progressivement en place depuis la Grande Dépression;
- soit enfin d'une série de mesures, que l'on peut qualifier de corporatistes, édictées depuis la même époque, puis par le gouvernement de Vichy, qui tendaient à fermer l'entrée de telle ou telle profession et à créer des rentes de situation.

Suivant une inclination traditionnelle dans notre pays, les gouvernements de l'après-guerre avaient choisi de reconstituer l'appareil productif du pays en le préservant de la concurrence étrangère. Ils avaient notamment eu recours à la clause de sauvegarde du GATT pour limiter les importations. C'est l'État qui fut le moteur de la modernisation des années 1950.

Le comité Rueff-Armand dresse un large inventaire des situations protégées et des corporatismes, dont le diagnostic frappe encore aujourd'hui par sa pertinence. Des monopoles publics aux professions fermées, des régimes de contingents aux réglementations malthusiennes, le rapport trace un programme de déréglementations visant à libérer les initiatives créatrices et les obstacles à la croissance. Les rigidités du travail, les contraintes fiscales et les charges obligatoires qui pénalisent restent toutefois en dehors du champ de l'analyse.

Oeuvre majeure par l'impact qu'elle a eu sur les esprits de l'époque, mais oeuvre incomplète. Oeuvre inachevée, aussi, dans son application : si un certain nombre de réformes suivirent le rapport Rueff-Armand, beaucoup demeurent encore à faire en cette année 2000.

Le progrès supprime des emplois : FAUX
En réalité il transforme les emplois. On sait depuis longtemps avec Alfred Sauvy que l'on a tort d'avoir peur de la machine. L'emploi d'ailleurs n'est pas une fin en soi. On crée des emplois non pas pour créer des emplois mais pour créer des richesses, des biens ou des services. Si l'on veut créer des emplois pour créer des emplois, comme disait Alfred Sauvy, il n'y a qu'à remplacer les camions par des brouettes, ou remplacer les photocopieurs par du papier carbone.

Le progrès se fait dans l'autre sens, et à chaque progrès, il y a un gain de richesse supplémentaire. Si ce gain est libre de se déverser dans le reste de l'économie, il crée d'autres activités, d'autres emplois ailleurs. Pourvu que l'argent des gains de productivité puisse se déverser dans le reste de l'économie. Si cet argent est confisqué par l'Etat et est déversé dans l'économie à demi improductive qui est l'économie étatique, il n'y a pas création mais destruction d'emplois. Le progrès n'est pas en cause qui transforme des emplois en d'autres emplois ; ce qui est en cause c'est la confiscation de richesse par l'Etat.

C'est l'entreprise qui crée les emplois durables : VRAI
l'entreprise qu'elle soit grande, moyenne, petite ou individuelle ; industrielle, agricole ou de services , globalisée, régionale ou de proximité ; dédiée aux besoins de particuliers ou d'autres entreprises. Et l'esprit d'entreprise n'est pas un monopole : à tout niveau, entrepreneurs familiaux ou cadres dirigeants de grandes entreprises, ingénieurs ou commerciaux, techniciens ou ouvriers peuvent donner libre cours à leurs facultés d'initiative et de création.
L'économie est un organisme vivant. Elle a en permanence besoin de s'adapter. Et ce besoin est d'autant plus fort que nombre d'événements sont venus la bouleverser au cours de ces dernières années : les mutations technologiques, la mondialisation des marchés de capitaux, le renforcement de la concurrence avec la conversion d'un nombre toujours plus grand de pays à l'économie de marché, etc.
Or, plutôt que d'accepter les remises en cause nécessaires, on a longtemps donné la préférence au maintien des situations acquises des multiples professions à statuts et métiers fermés.
Le chôrnage est en quelque sorte la facture de nos rigidités : nos rigidités financières, celles de nos statuts, de nos administrations publiques, les rigidités de notre coût du travail ou de notre marché du travail. On a fait du chômage non pas un problème mais une solution, la dernière variable d'ajustement d'une économie trop rigide. Aujourd'hui cette tolérance collective s'épuise quand le chômage atteint l'ensemble des familles françaises, déstabilise les classes moyennes et lorsque les finances publiques ne peuvent plus faire face.

La liberté d'entreprendre est fragile
Il suffit de peu de choses pour l'entraver ou la décourager : une loi, une exigence technique, un statut, un règlement...
Tant qu'il y aura des besoins non satisfaits, et des personnes à la recherche d'un emploi ; tant qu'il y aura des entrepreneurs persuadés qu'ils peuvent gagner de l'argent en cherchant à satisfaire des demandes solvables , tant que les créateurs ne se heurteront pas à des prohibitions et des interdictions, à ces contraintes réglementaires et administratives, à des statuts de monopoles et à des professions fermées, il y aura l'espace pour la création d'emplois.

Réflexions - propositions des libéraux
Le dossier Libre-Echange
Dix questions à propos du libre-échange
La Nouvelle Lettre, décembre 1999
Chômage: contre-vérités et tabous
Béatrice Majnoni d'Intignano, Le Figaro, 13 décembre 1999

Arguments en faveur du libre-échange
Démocratie Libérale, 1999

Le libre-échange tue les bas salaires
Patrick Minford, Revue d'études sociales, 1996
La concurrence crée des emplois
Peter Stein, Revue d'études sociales, 1996

A lire aussi
Ce n'est pas le travail qui manque! A condition que nous sachions le réinventer par
Jean Boissonnat Ce n'est pas le travail qui manque. Mais la clairvoyance pour comprendre qu'il est en train de changer radicalement; et l'imagination qu'il faut pour l'organiser autrement.

Du plein-emploi au bon emploi
Jean Boissonnat, Le Figaro, 27 mars 2000
Les quinze se rallient à un modèle libéral pour l'Europe du plein emploi
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