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Emplois-Jeunes : problèmes d'aujourd'hui, drames de demain

Les emplois-jeunes sont-ils l'escroquerie intellectuelle de la décennie ?

La mesure-boulet

Lionel Jospin et sa fine équipe n'ont pas été avares en "propositions" à l'occasion des élections législatives de 1997. Malheureusement, force est de constater que le catalogue démagogique alors promis est appliqué progressivement dans des conditions qui, pour rester polis, laissent à désirer. La parité hommes-femmes, qui partait d'un bon sentiment, est imposée par des quotas rigides; les 35 heures sont coûteuses, peu créatrices d'emplois et engendrent moult problèmes sociaux; mais ce sont les emplois-jeunes qui représentent à n'en pas douter la plus terrible mesure-boulet, pour la société française.

Pour qui ? Pour quoi ?

Faisant suite à une promesse électorale (souvenez-vous du discours : 700.000 emplois, pour moitié dans le secteur privé !), le "projet relatif au développement d'activités pour l'emploi des jeunes" de Martine Aubry a été adopté en septembre 1997. Son objectif : créer 350.000 emplois pour des personnes âgées de 18 à 26 ans, voire 30 ans, d'ici la fin 2000. Lesdits emplois, régis par le droit privé, s'exercent, en principe à plein temps, sous la forme d'un CDD de 5 ans, avec un salaire s'élevant autour au SMIC.
Si le chiffre de 350.000 est atteint, il n'y aura pas forcement lieu de s'en réjouir, tant les problèmes soulevés par ces "nouveaux" emplois sont plus que nombreux.

Emplois bouche-trous ?

En premier lieu, les emplois-jeunes sont démesurément chers, l'Etat versant une aide égale à 80% du SMIC avec charges, soit 92000 francs par an et par emploi. En année pleine et sur cinq ans, la facture s'élèvera ainsi à 175 milliards de francs, sans compter les charges indirectes supportées par la collectivité. Aussi, il ne faut pas s'étonner des effets néfastes de cette mesure sur la juste concurrence. De nombreuses entreprises, se trouvent confrontées à la concurrence déloyale d'associations sur-subventionnées qui n'ont que très peu de coûts salariaux à assumer : elles n'ont à débourser que 20% du SMIC.

Ces emplois, selon le texte de loi, doivent répondre à des "besoins émergents ou non satisfaits" et présenter un "caractère d'utilité sociale". Or, que constate t-on ? Les emplois-jeunes sont considérés comme de vulgaires bouche-trous. Un manque d'effectifs d'encadrement à l'Education Nationale? 10.000 aide-éducateurs sont alors créés sur le champ en guise de solution. Une hausse de l'insécurité ? Pas d'inquiétude, des policiers au rabais sont envoyés sur le terrain…

La loi remplit très imparfaitement son objectif d'intégration sociale : seuls 15% des emplois-jeunes bénéficient aux quartiers en difficulté, alors que le texte prévoyait un seuil bien supérieur.

Les emplois-jeunes constituent un révélateur de la manière malhonnête dont Jospin aborde la question de l'emploi des jeunes. La création de ces emplois au rabais et peu valorisants permet de faire diminuer artificiellement (médiatiquement !) le chômage des jeunes, mais à quel prix ! Et comment ne pas rester insensible au fait qu'une partie de ces employés sont des bac+4/5, nettement sur-qualifiés, qui se résignent ainsi parce qu'on ne leur offre pas de perspective stimulante.

Aucun avenir

Mais le plus grave est à venir : la loi ne garantit aucun avenir aux intéressés. les formations prévues ne sont pas au rendez-vous, aucune professionnalisation valorisable sur le "vrai" marché de l'emploi et rien ne dit ce qu'ils deviendront, une fois la période cinq ans passée.

Dans une société où les emplois nouveaux sont liés au secteur des services et alors que la croissance revient, créer à coups de subventions des "ambassadeurs du tri" ou des "cavaliers verts", sans formation ni garantie d'avenir, n'est pas la solution.

Ce problème nous concerne tous. Au terme des 5 ans, qu'adviendra-t-il de ces jeunes ? Monsieur Jospin va-t-il titulariser tous ces employés et accentuer ainsi la ruine du pays, ou décidera-t-il de les abandonner à leur sort, et dans ce cas de provoquer une explosion sociale ?

CHIFFRES CLES

- 175 milliards de francs : le coût des emplois-jeunes,
- 150 000, le nombre d'emplois-jeunes qu'il reste à créer dans le secteur public,
- 0, le nombre de parlementaire de gauche qui ont répondu à l'appel des "Jeunes libéraux" sur le devenir des emplois-jeunes,
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Où sont les femmes ?

Le politique pourrait bien trouver un relais énergique dans le regard féminin

La politique se meurt.
Si les élections européennes nous ont apporté quelque chose, au-delà des critiques et de l'émergence de listes "folkloriques", c'est bien cette prise de conscience. L'abstention notoire sonne le glas d'une certaine façon de faire de la politique, dont beaucoup sont aujourd'hui lassés. Nous avons un besoin de "sang neuf" que les femmes pourraient bien incarner. L'accession tardive de ces dernières au droit de vote (1945) se ressent encore et se traduit lourdement dans les chiffres : 7,5% des maires et 10,8% des députés. Le politique, en bout de course, pourrait trouver un relais énergique dans le regard féminin.

Quels moyens ?

Le projet de parité présenté par les socialistes à l'Assemblée nationale tente de combler ce retard. Le 28 juin 1999, l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 a été complété par l'alinéa suivant : "La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives". L'article 4 a quant à lui été complété comme suit : "[Les partis politiques] contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au dernier alinéa de l'Article 3 dans les conditions déterminées par la loi".
Ce projet de loi, désormais ratifié, détermine le cadre de l'égalité hommes-femmes en politique, mais n'en définit pas les moyens. C'est sur ce débat capital, des moyens à mettre en place pour parvenir à l'égalité, que les parlementaires vont se pencher d'ici peu.
C'est donc là que la question se pose : faut-il, oui ou non, imposer les femmes par des quotas mathématiques, qui trahiraient complètement notre idéal républicain de souveraineté "une et indivisible"? Les Jeunes libéraux répondent NON et comptent se faire largement entendre.

Une vision nouvelle

Cette loi concrétise une nécessité et prouve que longs palabres et discours creux ne suffisent plus à faire entrer la femme en politique. Elle est encore trop rare dans ce monde d'hommes. Et pourtant, son évolution sociale et sa large présence dans le milieu du travail lui procurent une vision nouvelle sur un univers politique trop souvent sclérosé et sur un monde d'actifs dynamiques dont elle fait désormais partie intégrante. La femme mérite-t-elle sa place en politique? Cette loi a le mérite de l'affirmer.
Mais s'il est urgent de poser cette question, il est surtout urgent d'y répondre d'une façon plus intelligente et culturelle que froidement statistique.

Gadget... commercial ?

Monsieur Jospin et ses alliés technocrates pernicieux, font de la femme un prétexte plus qu'un sujet dans une vision "intégriste et comptable" de l'égalité. Si l'enjeu électoraliste incarné par les femmes a bien été saisi par les socialistes, ce n'est pas leur faire honneur que de perpétuer leur lourd passé d'objet. La femme est une chance pour le politique et non un tremplin électoral. Jospin fait entrer les femmes sur les listes électorales comme un éleveur bovin introduirait une nouvelle race de vaches dans son cheptel pour des motifs purement commerciaux.

Le soutien arithmétique

Le quota ne saurait être un élément valable de choix des candidats dans le cadre d'élections démocratiques. La femme est fort heureusement capable de s'imposer par sa compétence et sa formation, sans le soutien permanent et forcé à l'arithmétique.
Gambetta le clamait bien avant nous :"La vraie démocratie, ce n'est pas de reconnaître des égaux, c'est d'en faire".

CHIFFRES CLES

- La France, 15ème rang pour la féminisation en Europe, 64ème rang mondial,
- 12% de femmes conseillers régionales,
- 10,8 % de femmes députées, contre 30% en Europe du nord,
- 7,5 % de femmes maires de villes de plus de 20 000 habitants,
- 5,6% de femmes sénateurs.

Le non-cumul, une chance pour les jeunes ?

Une réforme bâclée, un résultat contrasté, mais... une jeunesse motivée.

Comment défendre une pratique institutionnalisée qui a été, jusqu'à maintenant, confiscatoire pour nous, les jeunes ? Comment défendre notre propre camp qui n'a pas brillé par sa force de persuasion et dont les avis furent partagés sur la question ?

Une curiosité française

Le cumul des mandats est une curiosité à la française qui ne trouve son équivalent dans aucun autre pays européen. Pour comprendre le cumul, dans notre histoire institutionnelle, il faut se placer dans un Etat centralisé, où tout est soumis au visa du représentant du pouvoir central. Dès lors, le cumul des mandats a répondu à la nécessité pour les élus de contrôler le processus de mise en œuvre des politiques exclusivement définies au niveau national.

Si l'on observe nos voisins, que ce soit dans des Etats unitaires ou fédérés, force est de constater que la France fait figure d'exception. Au Royaume Uni, le non cumul est issu d'une pratique qui interdit à un conseiller municipal, de district ou de comté, de siéger à la Chambre des communes. En Allemagne, dès qu'un député est élu au Bundestag, il abandonne naturellement son mandat local.

Une réforme du cumul des mandats inachevée

En France, c'est une loi de 1985 qui avait légalisé la pratique contestable du cumul. La loi adoptée en demi-teinte le 8 mars dernier permet à un député ou à un sénateur de pouvoir conserver les mandats suivants :

Président ou conseiller au conseil régional, président ou conseiller au conseil général, maire ou conseiller municipal d'une commune de plus de 3 500 habitants, conseiller de Paris, président ou conseiller de l 'Assemblée de Corse, président de l'exécutif de Corse.

Deux mandats locaux suivant peuvent être cumulés : maire, conseiller régional, conseiller général, conseiller de l'Assemblée de Corse.

Les députés européens ont la possibilité d'exercer un mandat local, mais ils se trouvent un peu floués par ce texte de loi : ils devront en effet, contrairement aux parlementaires nationaux, choisir entre leur fonction exécutive locale et leur siège à Strasbourg. Deux poids, deux mesures...

Surtout, le grand absent de cette loi, c'est la création d'un vrai statut de l'élu. Sans cette innovation, les candidatures de fonctionnaires seront protégées, au contraire de celles de femmes et d'hommes issues du secteur privé, dont l'incertitude professionnelle de fin de mandat planera encore au-dessus de leur tête comme une épée de Damoclès.

Autre critique : il existe une hypocrisie dans cette loi car la présidence de communauté urbaine reste compatible avec le cumul de deux autres mandats, alors qu'un maire d'une commune de 2500 habitants ne pourra pas détenir deux autres mandats. Deux poids, deux mesures (bis...).

Un discours à Paris, un autre pour le local

Intrinsèquement, on ne peut reprocher aux hommes politiques de se maintenir et d'élargir leur sphère politique au niveau local ou national.

Cependant, il paraît difficile que l'on puisse plaider contre les emplois jeunes, au niveau national, et vouloir utiliser ceux-ci pour augmenter les effectifs municipaux, que l'on veuille réformer le service national, tout en maintenant les casernes dans sa circonscription...

Le non-cumul : une chance pour les jeunes ?

" Si t'es pas élu, t'es nibe ". Pourquoi citer des augustes penseurs lyriques, alors que la vérité sort des élus locaux. Cette citation éclectique de mon Vaucluse natal, montre avec acuité l'ampleur du malaise.

Ceux là même qui dénoncent la désertion des jeunes des partis politiques, s'arrogent tous les postes décisoires, rangeant la place des jeunes à des porte- étendard sans aucune existence politique.

Nos aînés, qu'ils soient de droite ou de gauche, n'ont que le mot de changement ou de réforme à la bouche. Cependant ils semblent oublier que la rénovation de la vie politique, passe aussi par la rénovation des femmes et des hommes qui participent à la vie publique.

Certains pourront rétorquer que l'inexpérience de la jeunesse doit être confrontée aux réalités du terrain, et bien laissez-nous le terrain, on verra bien !


CHIFFRES CLES

- 94 % des députés détiennent 2 mandats,
- 65 % des sénateurs sont dans le même cas,
- 46 % des députés disposent de trois mandats,
- 28 % des sénateurs cumulent également trois mandats.

Politique ou Ecologie : il faut choisir

A gauche, pour protéger l'environnement on crée simplement des nouveaux impôts !

L'infirmière...

La fin du millénaire a vu la puissance d'un BUG qu'on avait sous-estimé : celui de la Nature. Sans revenir sur les dégâts de la tempête, il serait peut être temps de faire un bilan de la politique environnementale de Jospin. Si ce dernier se targue d'avoir une "infirmière de renom" dans son gouvernement, il n'en reste pas moins que les mesures prises en la matière sont plus que négligeables. Le risque zéro n'existe pas, il est grand temps que la gauche en prenne note.

Un "droit de polluer" ?

En réalité, le problème de la gestion de notre environnement a été posé politiquement au sommet de Rio en Juin 1992. 178 pays adoptèrent un calendrier d'action pour la protection de notre environnement. Mais tandis que l'Union Européenne souhaitait la mise en place d'objectifs et d'échéances claires et contraignantes pour la réduction des émissions de gaz, les autres pays développés, parmi lesquels les Etats-Unis, étaient plus en faveur d'une approche flexible et de l'instauration d'un marché de " droits de polluer " échangeables. A ce jour, c'est cette approche souple qui l'emporte. En 1997 , les mêmes pays se sont retrouvés à Kyoto afin de mettre en place un autre agenda en matière de réduction des gaz à effet de serre : d'ici 2010, les Etats industrialisés se sont engagés à réduire leurs émissions de 2.5 %. Un objectif difficile à tenir compte tenu de l'activité économique et du développement des transports. Lionel Jospin a trouvé un moyen : lequel d'après vous ? Et bien celui de taxer encore un peu plus les entreprises !
L'écologie politicienne

Alain Madelin, dès la naissance de DL, a intégré la problématique de la défense de l'environnement, avec l'aide de Génération Ecologie, en proposant des solutions face aux menaces. Jospin quant à lui a trouvé avec les Verts un simple tremplin électoral, se souciant plus de la bonne santé de sa majorité plurielle que de la santé de notre planète. Mais quant la Nature, sous le visage des tempêtes et sous le spectre de l'Erika, vient relever les pendules, l'addition est lourde. Il est des mouvements écologistes, nés dans la mouvance des premières catastrophes des années 70, qui se sont satisfait du noble statut d'ONG (Greenpeace); il en est d'autres, (les Verts) qui ont préféré les charmes de la politisation. Au lieu d'intégrer la problématique environnementale à sa réflexion comme l'a fait DL, Jospin a laissé place à une écologie politicienne, plus intéressée par ses scores aux européennes que par les manquements de l'Etat en matière de sécurité maritime. Voynet accompagnée de Noël Mamère sont devenus des orateurs, un peu " roquets ". Mais soyons sérieux, leur tâche représentative n'est pas celle là . A ce jour, depuis que la politique a fait de l'écologie un sujet comme un autre, force est de constater que l'écologie se meurt.

Nouveaux impôts

Et la dernière invention du mirage écologiste mené par Voynet l'illustre bien. Dans son projet présenté à l'Assemblée nationale ce 19 Janvier, la question de l'émission de gaz à effet de serre est devenue un prétexte pour la levée de nouveaux impôts. Laurent Dominati s'est indigné justement en estimant que ces mesures " tra- duisent un réflexe politique et administratif bien français." L'idée défendue dans par les socialistes consiste à étendre la Taxe Générale sur les Activités Polluantes à la consommation d'énergie des entreprises. Cette TAGP s'appliquera dès 2001. L'objectif s'avère tronqué : cette " écotaxe " sur les entreprises servira à financer… les 35h ! La boucle est bouclée, le stratagème bien ficelé.

Et pour le long terme ?

Il y a pourtant d'autres solutions pour réduire l'émission de gaz à effet serre : " le gouvernement devrait instituer un contrat d'objectifs avec les industriels et les constructeurs automobiles et montrer l'exemple, notamment via les flottes de véhicules administratifs " comme le souligne Laurent Dominati. Le gouvernement pourrait aussi envisager d'alléger les épaules de Voynet, si préoccupée par la danse politicienne, et déléguer un ministre aux Risques majeurs apte à développer un programme efficient de prévention sur le long terme. Comment en effet demander à un seul ministre d'être l'avocat de deux causes, quand le court terme vient heurter les plans à long terme ?

En bref, il y a d'autres voies. La fiscalité n'est pas la cour des miracles. L'environnement n'est pas un simple jeu politicien. Il s'agirait peut être d'envisager des mesures contractuelles avec les entreprises polluantes, d'arrêter de jouer avec les dés de la fiscalité, et de penser à travailler en harmonie avec le Parlement Européen, parce que le combat écologique de demain ne pourra être gagné que s'il est international.