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Comment
définir la "nouvelle économie" ?
Aux
Etats-Unis, les technologies de l’information et leur diffusion
massive à tous les niveaux de la société (de
la famille à l’industrie en passant par l’administration
et les services), ainsi que huit années de croissance ininterrompue,
ont opéré une profonde remise en question des postulats
économiques traditionnels sur lesquels repose la politique
économique.
Un
cycle long de croissance se met en route aux Etats-Unis, et reposerait
sur le " high-tech " ainsi que sur l’innovation,
dépassant ainsi la stricte logique des " fondamentaux "
de l’économie. L’innovation donnerait ainsi un avantage compétitif
décisif et durable aux économies susceptibles d’innovations
de produits, mais plus révolutionnaire, aux innovations de
concepts (du type de la création de sites Web pour les grandes
entreprises).
Forte
croissance, plein emploi, inflation maîtrisée, apogée
de la high-tech, autant de facteurs qui font de la croissance américaine
un modèle susceptible de devenir théorie.
Un
peu comme la querelle des anciens et des modernes, le débat
économique outre-Atlantique oppose, d’un côté,
économistes d’entreprises, théoriciens de marché,
journalistes spécialisés (notamment autour de Business
Week et de Wired), professeurs avant-gardistes et, de
l’autre, les tenants de l’économie classique.
La
controverse qui agite aux Etats-Unis, Paul KRUGMAN, Professeur au
MIT de Boston, économiste promoteur de la nouvelle économie,
et Alan GREENSPAN, Directeur de la FED, est significatif. Alors
que le premier ne jure que par le " business internet "
et une croissance alimentée par l’innovation, le second parle
" d’exubérance irrationnelle des marchés "
et relève les taux courts de la FED.
" Les
ordinateurs sont partout, sauf dans les statistiques du PIB "
affirmait l’économiste américain SOLOW au début
des années 80. Celui-ci faisait allusion au paradoxe entre
la diffusion des nouvelles technologies, et une " old
economy ", centrée sur les seuls " fondamentaux "
(taux d’inflation, taux de chômage, taux de change, solde
extérieur) pour déterminer l’évolution de la
croissance.
Alors
que la politique économique classique fait des grands équilibres,
des politiques monétaires ou budgétaires suivies,
les déterminants de la croissance, la nouvelle économie
place l’innovation au cœur de la croissance, laissant une place
résiduelle aux politiques économiques, et donc aux
pouvoirs publics.
C’est
pourquoi, une économie, qui n’aurait pas su prendre à
temps le train des nouvelles technologies, serait durablement exclue
du trend de croissance, et ne pourrait plus bénéficier
de l’effet d’entraînement joué par une économie
prépondérante dans le monde. La nouvelle économie
implique en réalité de profondes restructurations
(technologiques, socio-culturelles) à l’intérieur,
en faveur de l’innovation vers les nouvelles technologies de l’information.
Les
Etats-Unis deviennent le théâtre d’essai d’une économie
en parfaite mutation. Trois changements majeurs sont intervenus
dans le cadre de la mondialisation. Le premier changement concerne
l’ouverture des économies. Le second tient à
la coexistence d’un faible taux de chômage et d’un taux d’inflation
très bas également. Le troisième changement,
le plus important, tient aux technologies de l’information.
Celles-ci
seraient en train de faire basculer le vieux monde de la production
industrielle dans un espace nouveau où l’innovation serait
plus importante que la production de masse, les services, primordiaux
par rapport à la production manufacturière.
Le
modèle américain est-il transposable en France ?
Les
caractéristiques générales de la " nouvelle
économie "
Le succès
américain repose sur trois éléments essentiels :
-
Un " policy-mix "
rénové (politique budgétaire restrictive,
politique monétaire " pragmatique ")
-
Un
marché du travail très réactif (flexibilité
organisationnelle, télé travail, mobilité
géographique)
-
Un boom
des investissements lié à la révolution
des nouvelles technologies
Pourquoi
une nouvelle croissance ?
Parce qu’elle ne fonctionnerait plus sur le modèle des cycles.
Huit années de croissance américaine ont contrecarré
les cycles d’activité traditionnels (" real business
cycles "). Les anciens arbitrages de la politique économique
seraient devenus dépassés aux Etats-Unis (la forte
vigueur de la croissance n’a pas eu pour conséquence une
remontée de l’inflation).
Pourquoi
de nouveaux emplois ? le
capital humain devient la variable essentielle du processus d’innovation
et de la réactivité des firmes. Mais la compétence
ou l’expertise dans les nouvelles technologies ne sera pas suffisante.
Alors que les emplois traditionnels s’assimilent à des emplois
de gestion ou de direction, les nouveaux emplois devront faire appel
au sens de la responsabilité et à la capacité
d’entreprendre.
Pourquoi
de nouveaux entrepreneurs ?
Parce que le XXIème siècle sera l’âge d’une
croissance fondée sur le savoir. Le nombre d’utilisateurs
d’internet devrait passer de 150 millions aujourd’hui à plus
de 700 millions en 2001. " Ce ne sont pas la découverte
de l’or, la conquête de nouvelles terres ou la maîtrise
des machines qui donneront accès au pouvoir économique,
mais la capacité à écrire des programmes informatiques
ou à décrypter des codes génétiques ".
(rapport annuel du programme des Nations unies pour le développement-
PNUD) Il faudra donc associer le pouvoir d’expertise, le savoir
de la gestion et le goût d’entreprendre.
L’innovation
est au cœur de la nouvelle croissance
" L’extraordinaire
fusion de la recherche de capital et de l’esprit d’aventure qui
fait les entrepreneurs ". Michel SERRES définit
ainsi bien quelles sont les exigences de l’innovation.
Esprit
d’entreprise, valeur personnelle, forte compétence technologique,
petites structures semblent être le quarté gagnant
du processus d’innovation. Et la " start-up "
(PME innovante) se situe au cœur du dynamisme lancé par les
nouvelles technologies. Ces PME sont des sociétés
non cotées qui se lancent dans les nouvelles technologies,
et qui arrivent rapidement à une capitalisation boursière.
L’investisseur réalise son bénéfice en opérant
une plus-value conséquente sur la cession des actions qu’il
détient.
Modernisation
du droit des affaires, allègement de la fiscalité
et des charges sociales, l’innovation touche à tous les
secteurs et nécessite, aussi bien dans les méthodes
de financement que dans les réglementations, de nécessaires
aménagements.
Le
chiffre d’affaires français des technologies de
l’information et de la communication
En milliards
de F en 1997
| |
Télé communications
|
Informatique
|
Communication
|
Industrie électronique
|
|
Total
|
256
|
238
|
247
|
87
|
|
Dont industrie
|
82
|
83
|
154
|
87
|
|
Dont services
|
174
|
155
|
93
|
-
|
Source :
Sessi et INSEE
Or,
l’innovation entretient un lien direct avec l’emploi. Pourtant,
l’INSEE estime que le secteur des hautes technologies n’emploie
en France que 1 % des effectifs salariés (chiffre de 1997).
Au contraire, le secteur des hautes technologies attend aux Etats-Unis,
entre 1996 et 2006, 1,3 million d’emplois créés. Les
services aux entreprises entendus au sens large créeront,
eux aussi, près de 1,5 million d’emplois, soit plus que le
secteur des hautes technologies.
Innovation
et croissance des emplois aux Etats-Unis
trois
grands secteurs
|
Secteurs
d’activités
|
Taux
annuel moyen de variation
estimé
entre 1996
et 2006
|
|
Hautes
technologies
Ordinateurs
et traitement de données
|
+
7,6 %
|
|
Secteurs
de santé et services sociaux
Services
de la santé
Soins
résidentiels
Bureau
des praticiens de santé
Nourrices
et soins personnels
Soins
de jour pour enfants
Total
Santé
|
+
5,3 %
+
4,8 %
+
3,9 %
+
3,2 %
+
2,6 %
+
4,0 %
|
|
Services
aux entreprises et finance
Gestion
et relations publiques
Agents
de change
Services
divers aux entreprises
Sociétés
d’investissement
|
+
4,8 %
+
3,0 %
+
2,5 %
+
2,5 %
|
|
Total
services aux entreprises
|
+
3,1 %
|
|
Autres
secteurs
Environnement
Loisirs
|
+
4,2 %
+
3,5 %
|
Prévisions
du Labour statistical Bureau (Etats-Unis)
Il convient
de noter l’effet déterminant de l’innovation, qui se diffuse
non seulement dans les hautes technologies, mais aussi dans les
services.
Christophe
Colomb, entreprenaute avant la lettre
La
Tribune, le 01/08/2000. Quelle différence y a-t-il entre Christophe
Colomb et les rares initiés qui dès 1992 ont cru à l'Internet ?
Le périple du marin génois pourrait bien servir d'exemple à tous
ceux qui rêvent de créer une start-up
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