Internet et la nouvelle éducation
Après avoir bouleversé l'ensemble des secteurs économiques, au niveau de la production, de la consommation, de la distribution, etc., Internet bouleverse aujourd'hui les mondes de l'éducation et de la formation et leurs frontières respectives, à tel point que l'on recourt aujourd'hui du concept d'éduformation.

Les structures de l'enseignement se trouvent aujourd'hui confrontées à de nouveaux paradigmes :
- un contexte technologique inédit : développement de l'Internet, émergence rapide de nouvelles technologies, croissance de l'offre de bande passante
- de nouveaux intervenants privés apparaissent, souvent issus de la nouvelle économie, obligeant les institutions publiques traditionnelles à composer, voire à se réformer.
- une nouvelle génération d'individus, du collégien au salarié, émerge caractérisée par une culture technologique forte et par un désir d'apprendre autrement, motivé par une plus grande autonomie et par un besoins de personnalisation
- de nouveaux facteurs économiques : restrictions budgétaires et augmentation des besoins en matière d'apprentissage de la part des entreprises
- l'éducation se mondialise : sur le web, toutes les formations deviennent accessibles et concurrentes, quelle que soit leur origine géographique.
  Les anciens et les modernes

La nouvelle éducation met en relation les acteurs traditionnels de l'éducation (écoles, universités) et de nouveaux acteurs issus des médias, du commerce électronique, des télécommunications.
Internet offre trois options d'utilisation aux acteurs traditionnels. Etre
- un nouvel outil qui prolonge leurs activités traditionnelles ( site internet de présentation de l'établissement et des cours) ;
- une nouvelle branche d'activités totalement indépendante, chargée de concevoir et de commercialiser les cours online (NYUOnline, université de Columbia, université du Nebraska) ;
- une passerelle vers d'autres établissements pour établir des partenariats en ligne (en fonction de la situation géographique ou de la complémentarité des programmes) ou même créer des établissements de formation virtuels.

Pour les nouveaux acteurs, la palette est plus vaste.
Des cablodistributeurs, fabricants d'équipement, de logiciels, portails généralistes ou spécialisés se positionnent comme fournisseurs de contenus pédagogiques afin d'accroître leur offre de produits et de services (vente d'équipement, licences de logiciels...)..
Certains vont plus loin, souhaitant concurrencer les établissements d'enseignements traditionnels.


 

Education / formation :
la révolution de l'éduformation

Internet bouscule les frontières entre formation et éducation. Les acquis initiaux demeurent fondamentaux mais non plus suffisants : l'évolution des savoirs technologiques, l'accélération des innovations exigent un apprentissage continu.

La formation initiale
Les programmes devront en partie être redéfinis par rapport à de nouveaux besoins, émanant des entreprises et des individus eux-mêmes.
Le marché de la formation professionnelle continue connaît une forte croissance depuis plusieurs années, y compris la formation en ligne.
D'ores et déjà les entreprises ont commencé à investir dans des universités d'entreprise pour former leur personnel.
La formation personnelle à la carte constitue est un marché à fort potentiel qui se structure actuellement autour des contenus gratuits, des formations diplômantes et des communautés virtuelles.


  Une transformation de l'apprentissage

Un système mixte
L'éduformation par Internet ne fera pas disparaître l'enseignement traditionnel. En fonction de public, des objectifs et de la nature des apprentissages, il convient de s'adapter et de mêler enseignement traditionnel, Internet, tutorat, stages...

Du magister au professeur
La relation à l'enseignant évolue. Il est de moins en moins le détenteur unique du savoir. Sa mission évolue vers la transmission de valeurs, de méthodes d'apprentissage, de questionnements, de logiques de raisonnement.
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  Qui finance l'éduformation ?

A l'inverse des systèmes éducatifs traditionnels, les frais initiaux de l'éduformation sont considérables, mais les charges de fonctionnement faibles.

Si les fonds publics existent (financement des Etats), les investissements sont essentiellement privés : capital risque, incubateurs, investissements en bourse.


  Vers une démarche qualité pour l'école

L'arrivée d'acteurs privés dans le monde de l'éduformation, la possibilité d'établir des comparaisons nationales et internationales avant de choisir un enseignment sont parmi les facteurs nouveaux qui vont obliger les institutions publiques traditionnelles à s'adapter et à se réformer. Sinon, elles disparaitront.

Points de vue :
Alain Etchegoyen, philosophe
Jacques Vauthier, Professeur, membre d'Edufrance.

"L'université est en face d'étudiants-consommateurs qui veulent de la qualité, s'ils ne la trouvent pas dans les amphis français, ils se tournent vers d'autres ressources. Aucun pouvoir -politique ou administratif- ne pourra empêcher un étudiant de passer un diplôme outre-atlantique [s'il] estime [qu'il est] plus prestigieux que celui auquel il pourrait accéder dans sa région."
(Libération, 02.10.2000)

 
Dossier
enseignement en ligne


 

 

Vers une explosion de la demande

Tous connectés !
Le nombre de ménages et d'institutions scolaires connectés ainsi que les accès à Internet haut débit sont appelés à se multiplier dans les années à venir.

La génération Net :
Pour de plus en plus d'enfants, Internet sera un outil naturel et simple. La souplesse, l''interactivité et les échanges personnalisés qu'il offre modèleront leur envie et leur façon d'apprendre.
Le nombre d'enfants utilisant Internet aux Etats-Unis atteindra 25 millions cette année, et 44 millions en 2002. (Sources : Cyberatlas).


  Gratuité et rentabilité

Quel va être le modèle gagnant qui permettra de rentabiliser le capital investi tout en finançant la conception de contenus pédagogiques ou encore le paiement des salaires des tuteurs en ligne ? Le commerce électronique ? la publicité ? la formule de l'abonnement ?

Un premier modèle "consiste pour l'entreprise, à offrir ses formations gratuitement et à rentabiliser ses activités grâce aux ventes électroniques de matériel. Dans le domaine de la formation en informatique, le modèle s'avère viable pour certains.
Selon un autre modèle, les formations sont gratuites, mais l'usager doit payer [un prix forfaitaire] pour les évaluations, les diplômes et le soutien pédagogique (Exemple de Onlineformapro en France).
La publicité mêlée à la réutilisation des contenus hors ligne, la parution de publications... peut également être rentable.

Pour autant, certaines entreprises préfèrent le principe d'un abonnement permettant un accès illimité à l'information de leur site.


  Validation des savoirs : qui et comment ?

Si les contenus dispensés par Internet sont proches de ceux dispensés par une formation traditionnelle, les connaissances sont transmises, le type d'enseignement reçu diffèrent.
Comment les programmes et les établissements de ces nouvelles universités du savoir sont-ils accrédités ?
Jusqu'à présent en effet, les écoles et universités traditionnelles s'estimaient protégés en raison soit de la reconnaissance officielle nationale en France, soit de leur statut d'établissement accrédité (USA). Le processus de validation restait donc simple. Face à la multiplicité des formations et enseignements on line, les acteurs traditionnels restent maître de l'autorité et de l'expertise qui leur permet l'accréditation. Mais pour combien de temps encore ? "Dans les secteurs techniques et technologiques, nous assistons à un phénomène nouveau : la valeur e normes industrielles comme la Microsoft MSCE donnent une reconnaissance mondiale à ceux qui possèdent cette certification. Cela a pour effet de court-circuiter les réseaux d'accréditation traditionnels. Une solution réside dans la multiplication des accréditations internationales liées à certaines compétences."


  En savoir plus

A nouvelle économie, nouvelle éducation, article relatif au World Education Market. Site : http://www.wemex.com

L'acte d'apprendre: passion ou obligation? Quels défis la nouvelle économie pose-t-elle au système d'éducation, à l'organisation, au gestionnaire ? étude du CEFRIO, Novembre 1999

Quel est le potentiel des technologies pour transformer la formation ?, étude du CEFRIO, Novembre 1999