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Les
nouvelles techniques vont bouleverser la vie universitaire
"Qu'il s'agisse d'emploi du temps, de lieu ou de conditions
d'études, le WEM promet un avenir radicalement nouveau non seulement
à l'étudiant du XXIe siècle, mais aussi à l'enseignant. Terminés
les amphithéâtres bondés où les élèves prennent en note, des heures
durant, des pages et des pages de cours magistraux. L'étudiant pourra
suivre sa formation chez lui, sur écran, à son rythme. Il pourra
la compléter tout au long de sa vie. Finies les recherches interminables
(parfois en vain) de livres et de documentation. Place aux bibliothèques
virtuelles élaborées et enrichies pour un usage pédagogique. Oubliés
les rendez-vous à heure fixe avec les enseignants : à tout moment,
l'étudiant pourra interroger son tuteur. Et pour internationaliser
son cursus, il pourra s'inscrire par Internet à des cours américains,
canadiens ou australiens. " Le Monde, 30 mai 2000
Une
chance pour les pays en voie de développement ?
- L'African
Virtual University (AVU), créée il y a deux ans
grâce en grande partie au financement de la banque mondiale,
s'éclate à travers 24 sites dans 15 pays africains.
Elle a déjà scolarisé en sciences plus de
9 000 étudiants.
- Dès
la rentrée prochaine, au Sénégal, des étudiants pourront
s'inscrire dans deux "universités virtuelles", www.ferii. sn,
et shi.sn, pour préparer des diplômes technologiques qui
font défaut en Afrique. "Nous allons lancer deux diplômes en
ligne : un DUTis (diplome universitaire technologique) en technologie
de l'information, et un DU multimédia en coopération avec les
universités du Havre, de Strasbourg et du Mans en France",
explique Claude Lishou, maître de conférence à l'université de
Dakar et coordinateur de ces projets. Il espère une douzaine d'inscrits
--payants-- dans chaque section. Les étudiants sénégalais resteront
chez eux. S'ils n'ont pas le téléphone, les échanges se feront
par le biais de "télécentres" qui se multiplient dans le pays.
Marché
mondial de l'éducation
la France «un pas en avant, deux pas en arrière»
"Grandeur
et petites misères de la France à l'étranger. Omniprésents dans
les stands et les conférences du World Education Market (WEM) qui
se tient actuellement à Vancouver (Canada), les représentants de
la France ont offert hier un joli exemple de la chorégraphie «un
pas en avant, deux pas en arrière». Le pas en avant réside, d'évidence,
dans la volonté très politique de faire acte de présence dans le
nouveau concert mondial de l'éducation. Troisième pays en nombre
d'exposants, deuxième en surface d'exposition, la France a même
déplacé son ambassadeur au Canada, initiative remarquée dans une
manifestation à but ouvertement commercial. Mauvaise conscience.
Mais les mots sont parfois retors et ce dernier, au détour d'une
phrase, a vendu la mèche en évoquant le «problème» de la globalisation.
[...] pour entrer
pleinement dans le marché de l'éducation, la France pèche par ses...
enseignants. L'idée n'a jamais été exprimée telle quelle [...].
Pourtant, au
détour d'une présentation de la politique du ministère de l'Education
nationale en matière de technologies de l'information et de la communication,
la «question du service et des carrières des enseignants» a été
évoquée. Biais pudique pour exprimer la véritable révolution copernicienne
qu'appellent l'individualisation de l'enseignement, les formes de
tutorat à distance ou, dans les établissements, la progression de
l'autoformation et la mue du «professeur seul détenteur du savoir»
en «professeur-guide» qui aide ses élèves à organiser des connaissances
désormais accessibles à tous.
De même, le
caractère illisible des filières du supérieur dans lequel «même
les Français se perdent», selon l'ambassadeur de France Denis Bauchard,
ne contribue pas à promouvoir l'image de l'Hexagone. Enfin, la difficulté
d'établir des équivalences internationales entre les filières bute,
y compris au niveau européen, sur le caractère national de nos diplômes.
En un mot, la France semble consciente - trop ? - des limites de
son système et hésite à le «vendre» de manière trop agressive."
Extrait
de "La France, bonne élève, un peu réservée"
Par EMMANUEL
DAVIDENKOFF, Libération, le 26 mai 2000
Pour
en savoir plus :
Marché Mondial de l'Education, de la Formation et du Savoir (World
Education Market), Vancouver, Canada.
Site : http://www.wemex.com
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