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Une
réponse de l'administration pénitentiaire
peu satisfaisante
La
famille du détenu ne doit pas être traitée comme si elle était responsable
au même titre que lui de l'infraction commise, comme c'était le
cas dans la justice d'ancien régime. Or les courriers reçus par
la commission montrent que, parfois, les familles ne sont pas traitées
convenablement par les responsables de l'administration pénitentiaire
alors même que la famille subit de toutes façons les effets de l'incarcération.
Par
ailleurs, le maintien des liens familiaux constitue une donnée essentielle
pour la future réinsertion des condamnés. Ce maintien se heurte
néanmoins à des obstacles matériels souvent démesurés pour des familles
défavorisées.
L'éloignement
de l'établissement
La
rupture totale de liens familiaux provoquée par l'éloignement constitue,
particulièrement dans le cas de femmes ayant des enfants, un véritable
traumatisme. Ce dernier est d'autant plus aggravé que les prévenus
ou les condamnés, dans les maisons d'arrêt, n'ont pas le droit de
téléphoner.
Un
remède pourrait être trouvé dans le recours aux nouvelles technologies,
à l'image de ce qui se passe au Canada, où des salles de vidéoconférences
existent dans certains établissements.
La demande de transfert pour rapprochements familiaux est un leitmotiv
formulé de façon lancinante dans toutes les visites des maisons
d'arrêt.
Le
cas des établissements pour peine est plus particulier : s'ajoute
au problème de l'éloignement, la question de la durée de détention.
Il semble exister de la part des détenus condamnés à de longues
peines un certain fatalisme sur le sujet, conscients qu'on ne peut
demander à une famille d'affronter l'univers pénitentiaire pendant
vingt ans pour des visites qui exigent souvent de mobiliser une
journée et requièrent des moyens importants. Là encore, la question
de l'éloignement de l'établissement est une donnée essentielle ;
elle se pose avec une acuité particulière pour les femmes, aucun
établissement ne se situant au sud de la Loire.
La
réponse de l'administration pénitentiaire face à cet impératif de
maintien des liens familiaux paraît, à bien des égards, peu satisfaisante.
La
famille, interlocuteur indispensable
La
famille est un vecteur essentiel d'intégration et une marche supplémentaire
vers l'insertion. Il est indispensable également qu'elle soit considérée
comme un interlocuteur pertinent de l'administration pénitentiaire.
Il est indéniable que les établissements pénitentiaires s'appuient
de plus en plus sur la famille pour prendre en charge des situations
caractérisées d'indigence ou pour régler nombre de tâches matérielles
qu'ils ne peuvent assumer faute de moyens.
Cette
« utilisation » des liens familiaux doit nécessairement s'accompagner
d'une reconnaissance mutuelle ; l'aménagement des heures et jours
de parloirs constitue une première démarche.
Les
capacités d'écoute et l'amélioration de l'accueil, qui passe notamment
par une réfection des locaux destinés à recevoir les familles doivent
également devenir une priorité. A ce sujet, les visites d'établissement,
tels qu'Ensisheim, Troyes, Villenauxe, Fontenay ou Limoges ont montré
les conditions d'accueil déplorables réservées aux familles.
(Extrait
du rapport
de l'Assemblée Nationale)
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Des
parloirs souvent sordides
Le
" parloir " est un moment essentiel pour le détenu. Entre une et
trois fois par semaine, il pourra s'entretenir quarante-cinq minutes
avec sa famille, sa femme, sa compagne, ses enfants, sous l'oeil
de surveillants. Il va sans dire que l'administration pénitentiaire
ne peut que constater que les parloirs permettent le passage de
drogues et de stupéfiants, même si des fouilles circonstanciées
se déroulent avant et après. Le " parloir " est organisé autour
de la fonction sécuritaire de la prison. La commission a été frappée
par l'état généralement critiquable des parloirs.
Tout
d'abord, les " abris famille " ; les familles attendent d'accéder
aux parloirs dans une salle exiguë, lorsqu'une telle salle existe.
En effet, dans un certain nombre de maisons d'arrêt, les visiteurs
sont parqués dans un couloir, sans possibilité de s'asseoir, en
attendant de passer sous le portique et de rejoindre leurs proches.
A la maison d'arrêt de Varces, les collectivités territoriales et
le barreau ont financé la construction d'un bâtiment clos et couvert.
Mais il n'en demeure pas moins, comme l'a signalé le bâtonnier Michel
Bénichou devant la commission, que la responsabilité de la construction
de tels édifices devrait relever de l'administration pénitentiaire.
Ensuite,
le " parloir " lui-même : il s'agit souvent d'un endroit peu pratique
d'accès dans la prison, mal nettoyé, mal éclairé, voire sordide
comme à Toulon. A la maison d'arrêt de Fresnes, le parloir est au
sous-sol, non loin des cuisines. La lumière artificielle est la
règle. Les détenus et leurs familles disposent de peu d'espace.
A la maison d'arrêt de Nanterre, la direction a dû installer un
petit dispensaire qui permet aux personnes de se reposer : la circulation
dans les couloirs pour rejoindre les parloirs, leur caractère sombre
et oppressant provoquent régulièrement des malaises chez certains
visiteurs... D'heureuses exceptions tranchent en matière d'accueil
des familles, comme la maison d'arrêt de Melun qui dispose d'un
local pour les enfants. Force est enfin de constater que les rapprochements
intimes, pourtant interdits par le règlement intérieur, sont souvent
tolérés dans nombre de maisons d'arrêt et surtout de centrales,
comme l'a constaté la commission à Clairvaux.
(Extrait
du rapport
du Sénat)
La pratique des parloirs (AN)
La
pratique des parloirs illustre la méconnaissance des contraintes
que l'on impose aux familles. Ainsi, de nombreux établissements
limitent de façon quelque peu drastique les horaires accordés aux
parloirs. Disposer d'une heure trente avec le détenu pour un déplacement
qui a nécessité de mobiliser une journée peut paraître frustrant.
Le temps d'une heure trente n'est qu'indicatif ; la pratique diffère
selon les établissements, ce qui prouve d'ailleurs que l'administration
centrale n'a pas jugé essentiel cet aspect de la condition de vie
du détenu et n'a pas donné de consignes claires à ce sujet.
Il
semble pourtant indispensable de réglementer les modalités de visite
des familles, en tenant compte à la fois des contraintes familiales
et des disponibilités de l'établissement, afin d'apaiser les tensions
qui naissent de part et d'autre à la suite de dépassements d'horaires.
Un système qui modulerait ces horaires en fonction de l'éloignement
de la famille pourrait être ainsi envisagé.
(Extrait
du
rapport de l'Assemblée Nationale)
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